Le Bénin, une porte d’entrée idéale pour les investisseurs coréens

Séoul, 2 juin — Alors que les regards se tournent vers l’Afrique, le Bénin émerge comme une destination stratégique pour les entreprises étrangères, notamment coréennes. C’est ce qu’a souligné la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, lors d’un entretien exclusif en marge de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de Corée du Sud et d’Afrique, organisée à Séoul.

Un marché ouest-africain accessible grâce à une stabilité politique et économique

Pour la diplomate, le Bénin ne se résume pas à sa taille modeste. « Considéré isolément, le Bénin peut sembler un petit marché, mais son véritable atout réside ailleurs », explique-t-elle. Elle met en avant la stabilité politique du pays, des réformes favorables aux investissements et une position géographique avantageuse au cœur de l’Afrique de l’Ouest.

Membre à part entière de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Bénin joue un rôle clé en tant que plateforme logistique pour la région. Son port de Cotonou, modernisé, et ses infrastructures numérisées facilitent les échanges commerciaux et attirent les investisseurs étrangers.

Une stratégie axée sur l’attractivité et la transformation industrielle

Contrairement à certains pays africains misant sur l’exploitation minière, le Bénin privilégie une approche différente. « Même si des études géologiques pourraient révéler la présence de minerais stratégiques, ce n’est pas notre priorité actuelle », précise la ministre. « Notre objectif est clair : attirer les investisseurs qui ciblent le marché ouest-africain dans son ensemble, et non uniquement le Bénin. »

Elle cite en exemple les avancées significatives réalisées ces dernières années, notamment sous l’impulsion du président Romuald Wadagni. Parmi les projets phares :

  • La modernisation du port de Cotonou, désormais équipé pour une logistique intelligente et des procédures douanières dématérialisées ;
  • La création de la zone industrielle de Glo-Djigbé, un pôle économique majeur ;
  • La digitalisation progressive de l’administration publique.

Renforcer les liens avec la Corée du Sud : investissements, culture et héritage

La ministre a également exprimé son souhait de voir les relations entre le Bénin et la Corée du Sud s’approfondir dans plusieurs domaines :

  • Investissements et industrialisation : deux pays partageant une volonté commune de transformation économique rapide ;
  • Échanges culturels : avec une attention particulière portée sur le retour d’artefacts béninois, notamment les 26 pièces rapatriées en 2021 après avoir été pillées par la France. Une exposition itinérante pourrait prochainement être organisée à Séoul pour mettre en lumière ce patrimoine.

« La Corée du Sud et le Bénin ont une histoire commune », souligne-t-elle. « Ce pays a réussi, en moins d’une génération, à se transformer grâce à la discipline, des réformes audacieuses et un développement ciblé. C’est exactement la trajectoire que nous suivons depuis plus de dix ans. »

Première sortie officielle de Corinne Amori Brunet depuis sa prise de fonction au sein du nouveau gouvernement, cette rencontre à Séoul marque un tournant dans la coopération bilatérale. Elle succède au Sommet Corée-Afrique de 2024, où des promesses avaient été formulées. Désormais, l’heure est à la concrétisation de projets concrets.