Intervention militaire américaine au Mali : le JNIM dans le viseur de Washington ?

Intervention militaire américaine au Mali : le JNIM dans le viseur de Washington ?

scène de rue au Mali

L’administration du président Donald Trump étudie la possibilité de lancer des frappes militaires ciblées contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, au Mali. Bien qu’aucune décision ne soit encore prise, cette hypothèse suscite déjà de vifs débats au sein des autorités américaines. Sur place, les réactions des Maliens sont tout aussi contrastées.

Le JNIM s’impose aujourd’hui comme la principale menace terroriste du Sahel. Pour Washington, l’urgence sécuritaire ne se limite plus aux frontières maliennes : elle s’étend désormais à plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Mali : des avis partagés sur une possible intervention américaine

Selon les responsables américains, le partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou n’a pas permis d’endiguer la progression des groupes armés. Pourtant, le Pentagone reste prudent et n’a confirmé aucune discussion officielle à ce stade.

Sur le terrain, les positions divergent. Un habitant de Bamako confie :

« Tout ce qui peut rétablir la paix sur l’ensemble du territoire, de Kayes à Kidal, est le bienvenu. Que ce soit les États-Unis ou d’autres partenaires, ils sont les bienvenus. »

Un autre Malien tempère pourtant l’enthousiasme :

« Nous avons déjà les forces russes sur notre sol, et maintenant les Américains veulent aussi venir. Mettons tout cela dans le cadre de la diplomatie. Les autorités savent mieux que quiconque ce qui est bon pour le peuple. »

Il ajoute : « Ce n’est pas une mauvaise idée, cette option d’une intervention militaire américaine au Mali. »

discussion entre Maliens sur une éventuelle intervention étrangère

Depuis des années, le Mali fait face à une insécurité grandissante, malgré le départ des forces françaises et l’arrivée des mercenaires russes. Les attaques du JNIM se multiplient, y compris dans la capitale Bamako. Parallèlement, des organisations de défense des droits humains dénoncent les exactions commises par l’armée malienne et ses alliés russes contre les populations civiles.

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, s’est exprimé sur le sujet en marge d’une conférence à Bamako. Il a souligné que le Mali attend de connaître la position précise des États-Unis avant toute décision. Il a également rappelé l’importance de la souveraineté nationale.

Un tournant géopolitique pour le Sahel ?

Pour Abdoulmoumouni Abbas, expert en radicalisation et terrorisme au Sahel et au Lac Tchad, cette potentielle intervention américaine pourrait marquer un tournant géopolitique majeur. Il rappelle que Moscou a considérablement accru son influence dans la région ces dernières années.

« Il faut voir ce retour des États-Unis comme un élargissement de leurs capacités opérationnelles, leur permettant d’avoir une vision globale du Sahel et des actions contre la criminalité transnationale. »

L’expert met cependant en garde : « Les résultats des frappes américaines au Nigeria interrogent. Les premières frappes ont manqué leurs cibles dans les États de Sokoto et Kebbi. »

Plusieurs sources indiquent que Washington a déjà renforcé sa coopération en matière de renseignement avec Bamako ces derniers mois.