Le Sénégal est secoué par une affaire judiciaire qui fait réagir plus d’un, après l’interpellation de Matar Ndiaga Seck, un homme de 51 ans présenté comme une figure politique liée à des cercles influents du pouvoir. Cette opération, menée par la Division des investigations criminelles (DIC), fait suite à un avis de recherche émis par les autorités de Linguère, dans la région du nord du pays.
Les investigations s’inscrivent dans un dossier plus large, centré sur la criminalisation de l’homosexualité. Plusieurs sources dignes de confiance révèlent que des éléments concordants ont été identifiés lors d’une série d’arrestations menées dans la région du Djoloff, où une vingtaine de personnes auraient été appréhendées. Les enquêteurs s’appuient notamment sur l’analyse des données numériques saisies, dont le contenu d’un téléphone portable qui pourrait s’avérer déterminant pour faire avancer l’enquête.
À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué sur les chefs d’accusation précis ni sur la qualification des infractions retenues. Les investigations se poursuivent activement, avec une attention particulière portée aux preuves matérielles et aux témoignages recueillis.
Cette affaire survient dans un contexte où le Sénégal renforce son arsenal juridique contre l’homosexualité. Depuis le 31 mars 2026, une nouvelle loi a durci le Code pénal, notamment l’article 319, en élargissant les infractions à la notion de « promotion » de l’homosexualité. Les peines encourues peuvent désormais atteindre jusqu’à dix ans d’emprisonnement, un durcissement qui suscite de vives réactions.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une intensification des arrestations et un climat de répression croissante envers les personnes LGBT ou présumées telles. Selon elles, plus d’une centaine d’interpellations auraient été enregistrées depuis l’entrée en vigueur du nouveau dispositif. Certaines ONG soulignent également la sensibilité politique de certaines affaires, notamment lorsque des personnes mises en cause seraient liées à des cercles proches du pouvoir. Elles insistent sur la nécessité de respecter les principes fondamentaux de la justice, sans céder aux spéculations.
Parallèlement, d’autres dossiers similaires sont suivis de près par les défenseurs des droits humains, dont celui d’un ressortissant étranger détenu depuis plusieurs mois dans des circonstances comparables. Les associations confirment avoir reçu de nombreuses demandes d’assistance via leurs dispositifs dédiés.
Pour l’instant, les autorités sénégalaises n’ont pas publié de détails supplémentaires sur cette procédure en cours. L’évolution de l’enquête dépendra des résultats des investigations et des éléments qui seront présentés devant les juridictions compétentes dans les semaines à venir.