Gabon : le pari d’un partenariat équilibré avec la France

La visite officielle du président gabonais Oligui Nguema à Paris a marqué un tournant décisif dans l’histoire des relations franco-gabonaises. Après plus de quatre décennies sans échange protocolaire d’une telle envergure, cette rencontre a scellé la volonté des deux nations de bâtir une coopération renouvelée, fondée sur le respect mutuel et l’égalité des partenaires. L’ambition affichée par Libreville ? Rompre avec les schémas traditionnels où les ressources gabonaises étaient exploitées sans bénéfice tangible pour le pays, et inverser cette dynamique.

Sur le plan économique, le chef de l’État gabonais a affiché une détermination sans faille : transformer localement les richesses naturelles plutôt que de les exporter à l’état brut. Cette orientation s’est concrétisée par des engagements concrets, notamment dans le secteur minier. Après les avancées enregistrées dans le pétrole avec le projet Assala, le manganèse est désormais au cœur d’une stratégie visant à créer de la valeur ajoutée sur place. Un accord signé avec le groupe français Eramet prévoit l’investissement dans des infrastructures de transformation, avec un objectif de production fixé à 2031 – un délai légèrement repoussé par rapport à 2029 mais qui reste une étape majeure pour le Gabon.

Les discussions tenues dans la capitale française ont également abouti à des résultats tangibles pour le Gabon. Outre la modernisation du Transgabonais, un axe ferroviaire stratégique, un financement a été acté via Proparco pour sa mise à niveau. Par ailleurs, la redéfinition des accords de défense, évoquée depuis des années dans le cadre du désengagement progressif des forces françaises, s’inscrit dans cette volonté gabonaise de rééquilibrer la coopération et de tourner définitivement la page d’un passé marqué par des déséquilibres structurels.

L’autre pilier de cette visite réside dans la diversification des partenariats du Gabon. Si la France conserve une place privilégiée, Libreville a clairement affiché son ambition de s’ouvrir à de nouveaux acteurs économiques, notamment la Chine, la Turquie et l’Inde. Une approche qui vise à réduire la dépendance à un seul partenaire et à positionner le Gabon comme une destination attractive pour les investissements étrangers. Comme l’a souligné Oligui Nguema, « hier, Paris était le partenaire historique ; aujourd’hui, le Gabon s’ouvre à tous et attire tous les regards. »

En conclusion, cette visite d’État a posé les fondations d’une nouvelle ère pour le Gabon, où souveraineté et équité guident les relations internationales. Les Gabonais, attentifs à chaque étape, attendent désormais la concrétisation des engagements pris, dans l’espoir de voir émerger une coopération mutuellement bénéfique et respectueuse des intérêts des deux nations.