Cameroun : des milliards de prêts au développement sous-utilisés
Au port autonome de Douala, le 22 mars 2025.

Le port autonome de Douala, principale porte d’entrée économique du Cameroun, illustre parfois l’écart entre les fonds alloués par les institutions internationales et leur utilisation concrète. Entre 2020 et 2024, des milliards de francs CFA ont été engagés par des partenaires comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, sans toujours atteindre les résultats escomptés sur le terrain.

Des engagements financiers massifs, mais des retombées limitées

Les rapports officiels révèlent que le Cameroun a bénéficié de plus de 2 500 milliards de francs CFA en prêts dédiés au développement infrastructurel, à l’éducation ou à la santé. Pourtant, les observateurs soulignent des lenteurs persistantes dans l’exécution des projets. Les causes ? Une bureaucratie parfois paralysante, des retards dans les décaissements et des problèmes de gouvernance qui freinent l’impact réel de ces fonds.

Dans le secteur des transports, par exemple, des projets portuaires et routiers accumulent des années de retard. À Douala, où le trafic maritime représente 90 % des échanges commerciaux du pays, des infrastructures vieillissantes peinent à suivre la demande croissante. « Les fonds existent, mais leur efficacité dépend des mécanismes de suivi », confie un haut responsable du ministère des Finances.

Les secteurs les plus touchés par le gaspillage

  • Infrastructures routières : Des milliards investis, mais des routes en mauvais état persistent dans plusieurs régions, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest.
  • Éducation : Des salles de classe promises restent en chantier, tandis que des équipements médicaux achetés avec ces fonds arrivent avec plusieurs mois de retard.
  • Santé publique : Les hôpitaux régionaux, censés être modernisés, souffrent encore de pénuries de personnel et de matériel.

Des solutions en discussion

Face à ce constat, les autorités camerounaises et leurs partenaires réfléchissent à des réformes pour accélérer les décaissements. Parmi les pistes évoquées :

  • Simplifier les procédures administratives pour les projets prioritaires.
  • Renforcer les capacités des équipes locales chargées de la gestion des fonds.
  • Instaurer des audits indépendants pour évaluer l’avancement des travaux.

Un récent rapport de la Banque africaine de développement estime que seulement 60 % des fonds alloués sont effectivement utilisés dans les délais prévus. « Il ne s’agit pas d’un manque de volonté, mais d’un système qui peine à s’adapter », analyse un expert en développement.

Alors que le Cameroun cherche à relancer son économie après des années de crise, la question de l’efficacité des prêts au développement devient cruciale. Les citoyens, eux, attendent des actions tangibles.