Burkina Faso : l’ugEB dénonce l’échec de la stratégie sécuritaire du MPSR II

Quatre ans après le MPSR II : la sécurité au Burkina Faso reste un mirage

Depuis près de quatre années, la transition politique menée par le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso peine à tenir ses promesses. Malgré l’enthousiasme initial suscité par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR II), la situation sécuritaire continue de se dégrader. L’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB) vient de publier un rapport accablant, mettant en lumière les lacunes criantes de la gestion de cette crise par les autorités de Ouagadougou.

Des promesses de trois mois à une réalité bien plus sombre

Lors de son accession au pouvoir en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré avait nourri l’espoir d’une résolution rapide du conflit. Une victoire éclair en seulement trois mois semblait à portée de main. Pourtant, près de quarante-huit mois plus tard, le constat est sans appel : la crise sécuritaire s’aggrave. L’UGEB souligne une recrudescence alarmante des attaques perpétrées par les groupes armés terroristes, avec une intensité et une étendue géographique en constante augmentation.

Les populations, qui attendaient des résultats concrets, se retrouvent aujourd’hui face à une insécurité endémique. Les engagements pris par les autorités peinent à se concrétiser, laissant derrière eux un sentiment de désillusion et d’abandon.

Un arsenal militaire médiatisé, mais une sécurité toujours hors de portée

Les médias nationaux ont multiplié les annonces concernant l’arrivée de nouveaux équipements militaires : drones, avions de chasse, blindés et armements lourds. Une démonstration de force qui contraste avec la réalité vécue par les Burkinabè au quotidien. Pour l’UGEB, ces acquisitions, bien que symboliquement importantes, ne suffisent pas à inverser la tendance.

Les communiqués triomphalistes sur les pertes infligées aux groupes armés peinent à masquer l’incapacité des Forces de défense et de sécurité (FDS) à rétablir un climat de paix durable. Les populations, elles, continuent de subir les incursions armées et l’insécurité généralisée, sans voir de changement tangible dans leur quotidien.

Une crise humanitaire et économique qui s’aggrave

Le conflit a engendré une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent. Des millions de Burkinabè ont été contraints de quitter leurs villages pour se réfugier dans des zones urbaines, abandonnant derrière eux leurs moyens de subsistance. Cette migration massive a provoqué un exode rural massif, mettant à rude épreuve les infrastructures locales.

Parallèlement, l’inflation galopante aggrave la précarité des ménages. Les prix des produits de première nécessité flambent, et l’accès aux denrées alimentaires devient un luxe pour de nombreuses familles. Les régions enclavées, soumises aux blocus des groupes armés, subissent une asphyxie économique qui accentue encore davantage la vulnérabilité des populations.

Le virage géopolitique du Burkina Faso : une efficacité encore à prouver

En quête de solutions, le Burkina Faso a rompu avec ses anciens partenaires militaires, notamment la France, pour se tourner vers de nouveaux alliés, principalement la Russie et les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’UGEB se montre sceptique quant à l’efficacité de cette nouvelle stratégie.

Malgré l’arrivée d’instructeurs étrangers et le renforcement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), les résultats concrets se font attendre. L’organisation estime que cette réorientation géopolitique n’a pas apporté la stabilité promise. La souveraineté revendiquée dans les discours peine à se traduire par une sécurité effective sur le terrain.

Un appel à l’honnêteté stratégique

Le rapport de l’UGEB résonne comme un signal d’alarme dans un contexte politique déjà tendu. En soulignant l’écart entre les promesses initiales et la réalité du terrain, l’organisation estudiantine rappelle l’urgence d’une réévaluation honnête des choix stratégiques du MPSR II.

Face à l’ampleur des défis humanitaires et économiques, la communication de guerre ne suffit plus. Pour le Burkina Faso, l’enjeu est désormais de transformer les annonces en actions concrètes. La sécurité et la stabilité ne peuvent plus être reléguées au rang de simples promesses : elles doivent devenir une réalité pour tous les citoyens.