Au Brésil, une victoire ne suffit pas : il faut du spectacle. Les supporters de la Seleção exigeaient un jeu flamboyant, et l’équipe leur a offert bien plus que cela vendredi à Philadelphie, écrasant Haïti 3-0 en seulement 45 minutes.

Carlos Alberto Parreira en sait quelque chose : en 1994, sa mère lui reprochait déjà un jeu trop terne malgré le sacre mondial. Trente ans plus tard, la philosophie reste la même. La Seleção a non seulement gagné, mais elle a aussi ébloui, prouvant que le football brésilien peut allier efficacité et beauté.

Un changement tactique payant dès l’entame

Carlo Ancelotti, sélectionneur italien du Brésil, avait un plan clair. Face au Maroc, son attaque avait manqué de mordant. Il a donc choisi de titulariser Matheus Cunha à la place d’Igor Thiago, un pari gagnant dès les premières minutes.

L’attaquant de Manchester United a ouvert le score d’une reprise de volée sur une passe décisive de Vinícius Jr, avant d’alourdir le score d’une frappe en lucarne, encore servie par son coéquipier. Une démonstration de maîtrise technique, couronnée par une célébration signature : le surfeur.

Matheus Cunha marquant un but contre Haïti

Vinícius Jr n’a pas tardé à ajouter son nom au score, profitant d’une défense haïtienne trop avancée pour intercepter une passe lobée de Lucas Paquetá. Le Brésil menait déjà 3-0 à la pause, un avantage disproportionné pour des Grenadiers valeureux mais dépassés.

Haïti résiste mais subit la pression

Les Haïtiens, réduits à dix après un carton jaune dès la quatrième minute, ont tenté de contenir l’assaut auriverde. Leur sélectionneur a modifié la disposition défensive, passant d’un bloc à cinq à un bloc plus compact, limitant ainsi les dégâts. Pourtant, malgré une approche plus organisée, ils n’ont pu empêcher les Brésiliens de dominer chaque secteur du jeu.

Leur résistance s’est heurtée à une équipe brésilienne en feu, même si Raphinha, blessé et sorti à la 40e minute, a manqué à l’appel. Son absence sur le flanc droit a privé la Seleção d’une menace supplémentaire, lui qui réalise une saison exceptionnelle en club.

Défense haïtienne sous pression

Neymar, toujours en difficulté physique, n’a même pas fait le déplacement. Une décision délicate pour Ancelotti, qui a préféré éviter la polémique en conservant le capitaine dans le groupe, malgré son âge et ses blessures à répétition.

Les Grenadiers éliminés, mais dignes

Haïti quitte la compétition avec les honneurs, après une défaite 1-0 face à l’Écosse en ouverture. Leur parcours reste historique : c’est seulement leur deuxième participation à une Coupe du monde, et ils ont tenu tête à des géants comme l’Italie ou l’Argentine en 1974. Emmanuel Sanon, buteur à l’époque, avait marqué l’histoire. Qui se souviendra d’un nouveau héros haïtien mercredi face au Maroc ?

Les Brésiliens, eux, ont prouvé qu’ils pouvaient jouer sans complexe. Malgré une deuxième mi-temps en demi-teinte, marquée par une baisse de régime et des occasions non concrétisées, la Seleção a montré un football de haute volée. Leur prochain défi ? Prouver qu’ils sont capables de remporter à nouveau le titre mondial, un trophée qui leur échappe depuis 2002.

Joueurs brésiliens célébrant une victoire