Violences au Burkina Faso : l’ONU alerte sur la situation des Peuls
violences au Burkina Faso : l’ONU alerte sur la situation des Peuls
Au Burkina Faso, la communauté peule est confrontée à une escalade alarmante de violences et d’abus des droits humains. Des enquêteurs indépendants de l’ONU révèlent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des détentions arbitraires, des enlèvements et des disparitions forcées, perpétrés lors des opérations militaires et sécuritaires contre les groupes djihadistes au Sahel.
Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale exprime une préoccupation majeure face aux violations graves subies par les Peuls au Burkina Faso. Selon les experts onusiens, ces exactions seraient majoritairement commises par les forces armées, les services de sécurité intérieure et leurs auxiliaires, dont les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des groupes armés non étatiques.
Les rapporteurs dénoncent également le profilage ethnique ciblant spécifiquement les Peuls, pratiqué tant par les forces de défense que par des milices comme la Brigade civique pour l’ordre et la discipline (surnommée Brigade Laabal).
Ces abus seraient souvent justifiés par une association présumée entre les Peuls et les groupes terroristes, alimentant un climat de stigmatisation et de discours de haine.
haine en ligne et discriminations systémiques
Sur les réseaux sociaux, des appels à la violence et des messages incitant à des crimes contre les Peuls se multiplient, allant jusqu’à des appels au meurtre. Ces discours de haine contribuent à la recrudescence d’attaques racistes et de crimes motivés par la haine. Face à cette urgence, le Comité exhorte l’État burkinabè à agir sans délai.
Parmi ses recommandations, il presse Ouagadougou d’ouvrir des enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales sur toutes les violations attribuées aux forces de sécurité et à leurs supplétifs. Les responsables doivent être poursuivis, jugés et sanctionnés conformément à la loi.
Le Comité insiste également sur la nécessité de renforcer le cadre légal pour éradiquer toute forme de discrimination ethnique ou raciale. Il préconise notamment l’inscription dans la loi burkinabè de l’interdiction explicite du profilage racial ou ethnique, en alignement avec les normes internationales. Des directives opérationnelles contraignantes doivent être mises en place pour guider les forces de l’ordre et éviter toute discrimination lors des contrôles d’identité ou des interventions sécuritaires.
réponse du gouvernement burkinabè
Ces accusations surviennent alors que le gouvernement burkinabè rejette catégoriquement les allégations, affirmant que ses opérations antiterroristes respectent strictement le droit et ne ciblent aucune communauté spécifique.
La Représentante permanente du Burkina Faso auprès de l’ONU à Genève, Sabine Bakyono Kanzie, a réitéré que la lutte contre le terrorisme est menée dans le respect des lois nationales et des engagements internationaux du pays en matière de droits humains. Elle a également nié l’existence d’un profilage ethnique, le qualifiant de fausse perception.
La délégation burkinabè a mis en avant les mécanismes de plainte existants, les dispositifs de proximité policière et les formations dédiées aux forces de sécurité pour prévenir toute stigmatisation. Elle a souligné la représentation des différentes communautés au sein de l’État et des forces de défense, incluant des membres de la communauté peule.