Violences à Ndele : quand l’opération russe et FACA se transforme en razzia de bétail

Violences à Ndele : quand l’opération russe et FACA se transforme en razzia de bétail

Une opération militaire conjointe menée par des mercenaires russes et les Forces armées centrafricaines (FACA) dans la région de Bamingui-Bangoran a basculé dans le chaos ce week-end à Ndele. Au lieu de sécuriser la zone, les troupes sont accusées d’avoir participé au pillage systématique du bétail des éleveurs locaux, provoquant colère et désarroi parmi les populations.

Une opération qui tourne au drame pour les éleveurs

Les habitants de Ndele dénoncent une stratégie de prédation déguisée en mission de sécurité. Selon les témoignages recueillis sur place, des soldats accompagnés de mercenaires auraient confisqué ou abattu des dizaines de têtes de bétail sous prétexte de contrôle sanitaire ou de lutte contre les groupes armés. Résultat : des familles entières se retrouvent privées de leurs moyens de subsistance, leur principal revenu étant directement menacé.

Des accusations qui pèsent lourd

Les éleveurs, majoritairement des éleveurs peuls et gbaya, pointent du doigt l’absence totale de transparence dans cette opération. Les animaux saisis n’ont fait l’objet d’aucune procédure légale, et aucun reçu n’a été délivré aux propriétaires. Pire encore, certains témoignages évoquent des violences physiques contre ceux qui tentaient de s’opposer à ces exactions.

« Ils nous ont traités comme des criminels sous prétexte de nous aider », confie un éleveur sous couvert d’anonymat. Les autorités locales, contactées, n’ont pas encore réagi officiellement à ces allégations, mais la rumeur d’une enquête interne commence à circuler dans les couloirs de la préfecture.

Contexte sécuritaire et suspicions

Cette région, déjà fragilisée par des années d’instabilité, voit ses tensions s’exacerber avec l’arrivée de groupes armés et la multiplication des milices. Dans ce contexte, les populations locales attendent des forces de sécurité qu’elles protègent leurs droits, et non qu’elles les piétinent. Pourtant, les faits semblent donner raison aux critiques : cette opération, censée renforcer la sécurité, est perçue comme une atteinte supplémentaire à la stabilité sociale.

Les conséquences économiques immédiates

Pour les éleveurs de Ndele, cette perte de bétail représente un coup dur à un moment où les prix du marché sont déjà volatils. Le bétail est non seulement une source de revenus, mais aussi un symbole de richesse et de prestige dans les communautés rurales. Sans animaux, c’est toute une économie locale qui vacille, et avec elle, l’espoir d’une reconstruction durable.

Face à l’ampleur des dégâts, certains leaders communautaires appellent à une mobilisation citoyenne pour exiger réparation. « Nous ne pouvons plus accepter que notre travail soit réduit à néant par ceux qui devraient nous défendre », déclare un représentant des éleveurs.

Que faire face à cette situation ?

Les premières démarches suggérées par les observateurs consistent à :

  • Documenter les faits : rassembler des preuves (photos, témoignages, vidéos) pour appuyer les plaintes officielles.
  • Saisir les autorités : adresser une plainte formelle auprès de la préfecture ou du gouvernement pour exiger des explications.
  • Mobiliser la société civile : impliquer les associations locales et les organisations de défense des droits humains pour faire pression sur les responsables.
  • Sensibiliser l’opinion publique : diffuser largement ces informations pour alerter sur la dégradation des conditions de vie des populations rurales.

Cette affaire rappelle une fois de plus que la sécurité ne se décrète pas par la force, mais se construit dans le respect des populations et de leurs droits fondamentaux. À Ndele, comme ailleurs en Afrique, les citoyens attendent des actes, pas des discours.