Transport routier à Bamako : suspension des liaisons par les compagnies
Manifestation à Bamako en avril 2026

Une dizaine de compagnies de transport routier ont décidé de suspendre leurs liaisons en direction de Bamako, alors que des groupes armés imposent un blocus des axes routiers vers la capitale malienne et multiplient les attaques contre les véhicules.

Le Mali traverse une période de tensions accrues depuis les attaques coordonnées menées les 25 et 26 avril par des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces assauts, ciblant des positions stratégiques tenues par la junte militaire au pouvoir, ont plongé le pays dans une instabilité sans précédent.

Blocus routier et interruption des transports vers Bamako

Depuis le 30 avril, des jihadistes bloquent plusieurs axes majeurs reliant Bamako au reste du Mali. Ce blocus, qui entrave gravement les approvisionnements de la capitale, dépendante à 90 % des importations par voie terrestre, pousse les compagnies de transport à suspendre leurs activités. « Nous avons choisi de stopper nos services pour éviter de mettre en danger nos passagers et limiter nos pertes financières », explique un responsable d’une agence de transport ayant subi la perte de six bus lors d’incidents survenus samedi sur la route de Ségou.

Officiellement, plus d’une dizaine d’entreprises ont annoncé l’arrêt de leurs liaisons. Cependant, certaines sociétés ont discrètement interrompu leurs trajets par crainte de représailles des autorités, qui pourraient les contraindre à maintenir leurs services. Si les grands transporteurs ne circulent plus sur les six principaux axes menant à Bamako, des minibus continuent d’emprunter des itinéraires alternatifs pour desservir la ville.

Pénuries et perturbations à Bamako

Les conséquences du blocus se font déjà ressentir dans les rues de Bamako. Des files d’attente se forment quotidiennement devant les stations-service, où le gasoil est devenu quasi introuvable. Les autorités ont récemment annoncé avoir réceptionné plus de 700 citernes de carburant via l’axe reliant Bamako à la Côte d’Ivoire. Parallèlement, des jihadistes ont incendié plusieurs convois de marchandises ainsi que des bus de passagers ces derniers jours.

La situation énergétique s’aggrave également : la capitale malienne subit des coupures d’électricité prolongées. « Nous avons connu 72 heures sans courant, puis une reprise partielle de trois heures avant une nouvelle interruption », témoigne un habitant. La société Énergie du Mali (EDM) évoque des actes de sabotage sur le réseau électrique, attribués aux groupes terroristes. Les délestages perturbent également l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs communes de Bamako, selon la Société malienne de gestion de l’eau potable.