Soutien du Pérou au plan marocain sur le Sahara : la présidente Fujimori officialise sa position
soutien du Pérou au plan marocain sur le Sahara : la présidente Fujimori officialise sa position
- Keiko Fujimori, nouvelle présidente du Pérou, valide le soutien de son gouvernement à l’intégrité territoriale du Maroc
- Cette orientation marque un tournant après des décennies de relations ambiguës avec le Front Polisario
- Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
- Rupture avec l’ambiguïté antérieure
- Nouveau rapprochement avec le Polisario
- Offensive diplomatique du Maroc
Dès sa prise de fonction, Keiko Fujimori, présidente élue du Pérou, a affiché une volonté claire de repositionner son pays sur la scène internationale. Une des premières décisions marquantes concerne le Sahara marocain, où Lima adopte désormais une position tranchée en faveur de l’intégrité territoriale du Royaume.
Cette orientation a été officialisée lors d’un échange entre la cheffe de l’État péruvien et l’ambassadeur du Maroc à Lima, Amine Chaoudri, qui lui a remis une missive du roi Mohammed VI saluant cette nouvelle dynamique.
Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
Selon les déclarations du cabinet de la présidente Fujimori, le gouvernement péruvien a décidé de se ranger derrière le Maroc en apportant son soutien au plan d’autonomie proposé pour le Sahara. Cette initiative, présentée comme une solution réaliste et pragmatique, est désormais perçue par Lima comme la base idéale pour résoudre définitivement le différend territorial.
La présidente a également confirmé son appui à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui reconnaît la proposition marocaine comme un cadre viable pour avancer vers une issue pacifique. Lors de cet entretien, l’ambassadeur marocain a transmis à Mme Fujimori une lettre du souverain chérifien, où ce dernier déclarait : « À l’occasion de votre élection à la présidence de la République du Pérou, il m’est agréable de vous adresser mes plus vives félicitations pour la confiance que vous avez su inspirer au peuple péruvien afin de servir son développement et sa prospérité. »
Le monarque marocain a également souligné « les liens exceptionnels qui unissent le Maroc et le Pérou, fondés sur une amitié sincère, une estime réciproque et des valeurs partagées », tout en s’engageant à « donner un nouvel élan à ces relations » pour les porter vers un partenariat multilatéral au bénéfice des deux nations.
Rupture avec l’ambiguïté antérieure
La prise de position de Keiko Fujimori revêt une signification particulière, car elle rompt avec plusieurs décennies de politique étrangère ambiguë du Pérou vis-à-vis du Sahara. Cette ambiguïté s’est traduite par des soutiens intermittents au Polisario, notamment à travers la reconnaissance de la RASD en 1984 sous le mandat de Fernando Belaúnde Terry.
Cette reconnaissance a été maintenue jusqu’en 1996, année où Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, avait suspendu les relations diplomatiques avec cette entité. Depuis, les gouvernements successifs ont adopté une posture fluctuante, oscillant entre maintien de la reconnaissance et neutralité, sans jamais clairement soutenir l’intégrité territoriale du Maroc.
Nouveau rapprochement avec le Polisario
Le mandat de Pedro Castillo (2021-2022) avait marqué un virage avec le rétablissement des relations avec le Front Polisario en 2021. Cette décision avait été annulée en août 2022 par son ministre des Affaires étrangères avant d’être rétablie par Castillo lui-même. Peu après, ce dernier était destitué dans un contexte de crise politique.
Sa successeure, Dina Boluarte, avait ensuite rétabli les relations avec le Polisario en septembre 2023, sans pour autant retirer la reconnaissance de 1984 ni soutenir le plan d’autonomie marocain. Les présidents suivants, José Jeri et José María Balcázar, n’ont pas eu le temps de modifier cette position avant la fin de leurs mandats éphémères.
L’arrivée de Fujimori au pouvoir marque donc un retour à la position adoptée par son père en 1996, tout en allant plus loin : non seulement Lima reconnaît l’intégrité territoriale du Maroc et son souveraineté sur le Sahara, mais elle soutient également l’initiative d’autonomie et la résolution 2797 de l’ONU.
Offensive diplomatique du Maroc
Ce revirement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie marocaine plus large visant à renforcer son influence en Amérique latine. Depuis plusieurs années, le Maroc mène une offensive diplomatique soutenue, combinant coopération économique, culturelle et universitaire pour consolider ses alliances.
Cette démarche a porté ses fruits : de nombreux pays ayant autrefois reconnu la RASD ont depuis suspendu leur reconnaissance ou leurs relations diplomatiques avec cette entité. Parmi eux figurent la Colombie, le Guatemala, le Paraguay, la République dominicaine, Haïti, la Jamaïque, le Salvador, la Guyane, l’Équateur et le Panama.
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