Sénégal : des associations et élus français dénoncent les persécutions anti-lgbt+

Sénégal : des associations et élus français dénoncent les persécutions anti-lgbt+

L’association STOP homophobie accompagne actuellement 68 personnes incarcérées pour leur orientation sexuelle au Sénégal.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Des manifestants brandissent des pancartes lors d'une manifestation le 20 février 2022 sur la place de l'Obélisque à Dakar, réclamant un durcissement de la répression contre l'homosexualité.

Face à la montée des persécutions contre les personnes LGBT+ au Sénégal, associations et élus français se mobilisent activement. Depuis l’adoption en mars dernier d’une loi condamnant les relations homosexuelles à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison, l’association STOP homophobie apporte son soutien à 68 individus actuellement détenus dans le pays.

En parallèle, l’organisation héberge quelques réfugiés en région parisienne et facilite l’arrivée en France d’une cinquantaine de personnes en quête de sécurité. Afin de répondre à l’afflux de demandes, une ligne téléphonique dédiée a été mise en place. Son secrétaire général, Terrence Khatchadourian, révèle un flux d’appels sans précédent : « Jusqu’à il y a deux semaines, nous avions enregistré 3 000 appels, un volume que notre standard n’arrivait plus à absorber. »

Une mobilisation jugée insuffisante par les militants

Malgré ces efforts, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque d’action concrète de la France. Le militant Jean-Luc Romero-Michel, ancien adjoint au maire de Paris, critique vivement la situation : « La majorité des messages que je reçois proviennent de personnes ne parvenant pas à obtenir de visa humanitaire. Aujourd’hui, la France ne fait pas assez. »

Ian Brossat, conseiller de Paris, proposera lors du prochain conseil municipal de mettre à disposition des logements pour les Sénégalais fuyant les persécutions. Une mesure saluée par certains, mais jugée insuffisante par d’autres : « S’indigner face à la situation au Sénégal, c’est bien, mais offrir un refuge aux personnes concernées, c’est mieux. »