Réseau routier camerounais : 2442 km bitumés et les défis persistants
Bilan des infrastructures routières au Cameroun : avancées et obstacles à surmonter
Le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a dressé un état des lieux précis du secteur routier camerounais lors d’une conférence publique à Yaoundé. L’événement, organisé dans le cadre du Salon de l’Action Gouvernementale, a permis de faire le point sur les réalisations majeures et les freins qui entravent encore la performance de ce pilier essentiel du développement national.
Des réalisations tangibles mais des retards persistants
Au cœur des discussions, le Ministre a mis en lumière les 2 442 kilomètres de routes bitumées et les 833 kilomètres de chaussées dégradées réhabilitées depuis le début de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Ces chiffres, bien qu’encourageants, cachent une réalité plus contrastée : des retards significatifs dans l’entretien du réseau routier persistent, freinant ainsi l’efficacité globale du secteur.
Les obstacles majeurs identifiés
Plusieurs facteurs expliquent ces lenteurs. Parmi eux, l’insécurité dans certaines zones, les complexités administratives liées à la mobilisation des financements, les délais prolongés pour l’attribution des marchés publics, ainsi que les difficultés financières rencontrées par les entreprises du BTP. Enfin, les ressources allouées à l’entretien des routes restent insuffisantes, malgré leur importance cruciale pour la durabilité des infrastructures.
Une progression notable malgré les défis
Malgré ces contraintes, le Cameroun affiche une hausse constante de son linéaire routier. En l’espace de cinq ans, le pays est passé de 8 498 kilomètres de routes goudronnées en 2020 à près de 10 939 kilomètres fin 2025. Cette progression, équivalente à plus de 488 kilomètres par an, témoigne des efforts consentis pour moderniser le réseau routier national.
Un réseau structurant au cœur des priorités
Le Ministre a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer le réseau routier structurant, pierre angulaire de la connectivité entre les régions. Les actions engagées en 2026 s’inscrivent dans les directives du Président de la République, visant à améliorer la qualité des infrastructures et à garantir une meilleure accessibilité entre les territoires. Ces mesures s’articulent autour de trois axes principaux :
- Le renforcement du réseau structurant pour faciliter les échanges économiques ;
- L’amélioration de la qualité des infrastructures pour garantir leur durabilité ;
- Le renforcement de la connectivité interterritoriale pour réduire les inégalités d’accès.
Un levier pour la croissance et la cohésion nationale
Le développement des infrastructures routières est présenté comme un levier indispensable pour stimuler l’économie et renforcer la cohésion territoriale. Ces projets s’inscrivent pleinement dans les engagements pris par le Chef de l’État, Paul Biya, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. En améliorant la fluidité des échanges et en désenclavant certaines zones, le gouvernement camerounais cherche à créer un environnement propice à l’investissement et au développement local.
Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et pour surmonter les obstacles persistants. Une chose est sûre : le Cameroun mise sur ses infrastructures routières pour accélérer sa transformation économique et sociale.