Rdc : l’opposition se mobilise après validation du référendum

Un feu vert constitutionnel qui relance les tensions

La décision de la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (rdc) a donné un cadre légal à l’organisation d’un référendum sur d’éventuels amendements constitutionnels. Une issue que l’opposition interprète comme une provocation, craignant une dérive autoritaire. Les responsables politiques de la coalition Article 64, farouchement opposée à toute modification de la Constitution, ont immédiatement réagi en annonçant la poursuite de leur combat.

Prince Epenge, porte-parole de cette coalition, a lancé un appel solennel à la population : « Nous ne céderons pas. Nous mettrons toutes nos forces pour empêcher cette loi de s’appliquer dans notre pays. »

Il a ajouté que « le peuple congolais est en colère et doit rester debout, déterminé à rejeter le troisième mandat et toute manœuvre de balkanisation du pays. »

Kinshasa sous tension : entre espoirs et craintes

Alors que les dirigeants de l’opposition se réunissaient en urgence pour coordonner leur réponse, les habitants de la capitale congolaise expriment des sentiments partagés. Certains s’interrogent sur l’issue des futures mobilisations : « Est-ce que leurs revendications seront portées dans le calme ? », s’inquiète un citoyen de Kinshasa. « Il faut absolument éviter que des vies humaines ne soient perdues dans ce bras de fer politique. »

Un autre habitant partage ces appréhensions : « Cette décision pourrait bien faire basculer le climat politique dans l’escalade. Qui sera responsable si la situation dégénère ? »

Les craintes sont renforcées par les accusations de certains citoyens envers le pouvoir en place, qu’ils accusent de « semer délibérément le trouble pour discréditer les mouvements d’opposition. »

Un dernier témoin de la rue souligne le risque pour les civils : « Ce sont toujours les simples citoyens qui paient le prix fort lors des manifestations. Ils seront les premières victimes des violences. »

Dialogue politique en péril ?

Timo Roujean, spécialiste des questions politiques à la Fondation Konrad Adenauer, met en garde contre les conséquences d’une promulgation hâtive de la loi. Selon lui, si le président Félix Tshisekedi signe le texte avant le 15 août, les efforts de dialogue pourraient être réduits à néant. « Cette décision risque de légitimer les discours les plus radicaux, ceux qui prônent la confrontation plutôt que le débat démocratique. »

L’expert souligne que dans un contexte déjà tendu, où des voix évoquent un « coup d’État constitutionnel, » la validation de cette loi par la Cour pourrait servir d’argument aux partisans de la violence. « Les prochaines semaines seront déterminantes. Le camp présidentiel dispose désormais d’un outil juridique, tandis que l’opposition campe sur ses positions. La crise politique en rdc pourrait entrer dans une phase critique. »