Rdc en lice pour un siège à l’uit : une mobilisation diplomatique sans précédent
La République Démocratique du Congo en passe de marquer l’histoire des télécommunications africaines
Dans un élan stratégique visant à positionner la République Démocratique du Congo comme acteur incontournable du numérique mondial, le ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu, a orchestré ce 15 juillet 2026 une rencontre diplomatique d’envergure à Kinshasa. L’objectif ? Convaincre les ambassadeurs et représentants des missions étrangères accrédités en RDC de soutenir la candidature nationale à un siège au Conseil de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), lors des élections prévues en novembre 2026 à Doha, au Qatar.
Une candidature portée par l’ambition numérique africaine
Me José Mpanda a présenté la candidature de la RDC comme une réponse à l’appel de l’histoire. « Notre engagement à siéger au Conseil de l’UIT s’inscrit dans une vision ambitieuse : faire de notre pays un modèle de connectivité en Afrique et un porte-parole des nations en développement sur les enjeux cruciaux des télécommunications », a-t-il déclaré devant un parterre de diplomates attentifs. Il a souligné le rôle géostratégique de la RDC, au cœur du continent, et son potentiel inexploité dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour la RDC de jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques internationales, notamment en matière de gouvernance des télécoms et de souveraineté numérique. « Avec 13 sièges réservés aux pays africains au sein du Conseil de l’UIT, notre pays, qui abrite également le siège de l’Union Africaine des Télécommunications, a une légitimité historique et technique pour briguer ce poste », a-t-il argumenté.
Me Mpanda a également mis en avant les atouts congolais : un marché numérique en forte croissance (110 millions d’habitants, 74 millions d’abonnés mobiles), un potentiel énergétique colossal et une position centrale en Afrique centrale. « La RDC n’est pas un simple spectateur des révolutions technologiques, mais un acteur déterminé à façonner leur avenir », a-t-il souligné.
Les engagements concrets de la RDC pour l’Afrique
Christian Katende, président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPTC), a détaillé les quatre piliers de la candidature congolaise :
- Renforcer la voix de l’Afrique au sein de l’UIT pour une meilleure représentation des intérêts du continent.
- Promouvoir les investissements dans les infrastructures numériques (réseaux, satellites, data centers) et attirer des capitaux internationaux.
- Développer une gouvernance numérique équilibrée, conciliant innovation, sécurité et protection des citoyens.
- Partager les connaissances et renforcer les capacités des régulateurs et États africains grâce à la recherche et à l’innovation.
Christian Katende a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de ne plus subir les transformations numériques, mais d’en être architecte : « En soutenant la RDC, vous choisissez une Afrique qui innove, investit dans ses talents et construit son avenir avec responsabilité ». Il a rappelé que la RDC, grâce à ses minerais critiques essentiels aux technologies de pointe, a une place légitime dans les instances décisionnelles mondiales.
La diplomatie congolaise en première ligne
Noëlla Ayeganagato, vice-ministre des Affaires étrangères, a réaffirmé l’engagement total du ministère à accompagner cette candidature. « L’UIT est un partenaire clé pour atteindre les objectifs de développement durable. Nous comptons sur les États membres, nos alliés traditionnels et les pays amis pour porter notre message avec force et conviction », a-t-elle déclaré. Elle a appelé à une mobilisation sans précédent pour s’assurer que la voix de la RDC soit entendue lors des négociations internationales.
Christian Katende détaillant les atouts de la candidature congolaise.
La RDC, candidate pour le mandat 2027-2030, mise sur une campagne diplomatique intensive pour obtenir le soutien des 13 sièges africains au Conseil de l’UIT. La formalisation de cette candidature aura lieu lors de la Conférence des Plénipotentiaires à Doha en novembre 2026.
Noëlla Ayeganagato appelant à une mobilisation diplomatique unifiée.
Pourquoi cette candidature est-elle stratégique ?
La présence de la RDC au Conseil de l’UIT serait un levier majeur pour :
- Accélérer l’intégration numérique du continent africain.
- Renforcer la compétitivité de l’Afrique dans les technologies émergentes.
- Promouvoir les infrastructures numériques comme moteur de développement socio-économique.
- Garantir une gouvernance inclusive des télécommunications, au bénéfice des populations africaines.
Comme l’a résumé Christian Katende : « Ensemble, faisons de la prochaine décennie celle où l’Afrique ne sera plus un simple consommateur de technologies, mais un acteur central de leur conception et de leur déploiement ».
La RDC, avec son ambition et ses ressources, se positionne ainsi comme le fer de lance d’une Afrique résolument tournée vers l’innovation et la souveraineté numérique.