Prime record contre Iyad Ag Ghaly et ses lieutenants au Mali
Prime record contre Iyad Ag Ghaly et ses lieutenants au Mali : ce qu’il faut savoir

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Les autorités maliennes ont frappé fort ce jeudi en annonçant une prime exceptionnelle pour la capture de sept figures majeures de l’insécurité au Sahel. Parmi elles, Iyad Ag Ghaly, chef du groupe djihadiste JNIM, et plusieurs de ses proches collaborateurs. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tension extrême après les récentes attaques coordonnées ayant visé Kidal et Kati, et ayant causé la mort du ministre de la Défense.
Le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile, a lancé un appel solennel à la population. Dans un communiqué diffusé à la télévision d’État, il a invité les citoyens à partager toute information susceptible d’aider les forces de sécurité à localiser ces individus considérés comme une menace nationale.
Ce qu’ont annoncé les autorités maliennes

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Le communiqué du ministère malien de la Sécurité précise : « Dans le cadre de la lutte antiterroriste et de la protection de la sécurité nationale, le gouvernement offre une récompense financière à toute personne fournissant des renseignements fiables et exploitables permettant l’arrestation ou la neutralisation des individus suivants. »
La tête d’Iyad Ag Ghaly, chef du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), est mise à prix à hauteur de 2 milliards de francs CFA. Ce groupe, également connu sous le nom de Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), est l’un des plus redoutés du Sahel.
Plusieurs de ses lieutenants figurent également sur la liste des personnes recherchées. Amadou Koufa, à la tête de la katiba Macina, et Abdoulaye Mohamed, alias Habib, bénéficient chacun d’une prime de 1,5 milliard de francs CFA pour leur capture.
Parmi les autres personnalités visées, Algabas Ag Intallah, figure politique et militaire du Front de libération de l’Azawad (FLA), voit sa tête mise à prix à 1 milliard de francs CFA.
Enfin, trois responsables du FLA, Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, sont recherchés pour une récompense de 500 millions de francs CFA chacun.
Qui est Iyad Ag Ghaly ?

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Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, au nord du Mali, Iyad Ag Ghaly est une figure controversée de l’histoire récente du pays. Après avoir combattu sous les couleurs du colonel Kadhafi en Libye dans les années 1970, il rentre au Mali au début des années 1990.
Il s’impose rapidement comme un acteur clé des rébellions touarègues, fondant d’abord le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), puis le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA). Après des années de conflit, il signe un accord de paix avec l’État malien en 1992.
Cependant, son parcours prend un tournant radical. Dans les années 2000, il se rapproche des groupes djihadistes, notamment le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), futur Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2012, il crée Ansar Dine, un groupe salafiste djihadiste, avant de fusionner plusieurs mouvements sous la bannière du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) en 2017.
Considéré aujourd’hui comme l’homme le plus recherché du Sahel, Iyad Ag Ghaly est accusé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre pour des faits commis entre 2012 et 2013. Affilié à Al-Qaïda, le GSIM mène des attaques meurtrières au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Les spécialistes du Timbuktu Institute soulignent un changement de stratégie chez le chef djihadiste. « Depuis plusieurs mois, il ne se contente plus de combats frontaux avec l’armée. Il mise désormais sur un blocage économique », expliquent-ils. En coupant les axes routiers et en détruisant des infrastructures vitales comme les lignes électriques, il cherche à asphyxier la capitale en privant ses habitants de vivres, de carburant et d’énergie. Son objectif ? Affaiblir le pays de l’intérieur et provoquer l’effondrement du régime de Bamako.
« Il préfère agir dans l’ombre tout en contrôlant la situation à distance. Pour le gouvernement, cette menace est d’autant plus préoccupante qu’elle touche désormais le quotidien des Maliens, exigeant une réponse urgente et adaptée », analysent les experts du Timbuktu Institute.