Pacte national pour un Gabon unifié : l’appel de Mbatchi Pambou

À l’aube des célébrations marquant les 66 ans d’Indépendance du Gabon, Joachim Mbatchi Pambou, figure politique de premier plan et président du Forum pour la Défense de la République (FDR), a lancé un appel solennel à l’ensemble des forces vives du pays. Son objectif ? Sceller un « Pacte national de consolidation », un engagement collectif visant à recentrer le débat public sur les priorités essentielles de la Nation.

Contrairement aux idées reçues, cette initiative ne cherche pas à établir un partage du pouvoir ni à neutraliser l’opposition. Selon Mbatchi Pambou, il s’agit d’un cadre « simple dans sa forme, exigeant dans son application », permettant aux Gabonais de se rassembler autour des valeurs fondamentales qui fondent leur avenir commun. « Nous devons nous mettre d’accord sur l’essentiel », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de dépasser les clivages stériles.

Le président du FDR alerte sur la dégradation du débat politique, transformé en affrontements personnels. Il plaide pour un retour au respect mutuel, où les désaccords politiques ne se transforment pas en haines personnelles. « Être adversaires ne signifie pas être ennemis. Désaccord ne rime pas avec hostilité », a-t-il martelé, appelant ses compatriotes à privilégier l’intérêt général.

Les piliers d’un Gabon plus fort

Selon lui, cet « essentiel » repose sur plusieurs axes majeurs :

  • Paix civile et cohésion nationale : un impératif pour éviter les fractures sociales.
  • Respect des institutions et de l’État de droit : garant de la stabilité démocratique.
  • Justice sociale et réduction des inégalités : pour une société plus équitable.
  • Création d’emplois et amélioration des services publics : des leviers concrets pour améliorer le quotidien.
  • Transformation locale des ressources naturelles : une opportunité pour un développement durable et inclusif.

Mbatchi Pambou insiste également sur la nécessité de rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions, mais aussi entre le Gabon et sa diaspora. Ce pacte devrait permettre de relancer le dialogue national, de définir des priorités au-delà des alternances politiques et d’assurer un suivi rigoureux des engagements pris.

Un dialogue ouvert à tous

Cette démarche ne se limite pas aux acteurs politiques. Le président du FDR propose un cadre élargi, réunissant :

  • Les institutions publiques et les forces politiques.
  • Les organisations de la société civile, le secteur privé et les syndicats.
  • Les confessions religieuses, les universitaires, les jeunes et les femmes.
  • La diaspora gabonaise, dont le rôle est crucial pour l’avenir du pays.

L’objectif ? Identifier un nombre restreint de priorités nationales, fixer des engagements précis et permettre aux citoyens d’en suivre l’avancement. « Le pouvoir doit écouter davantage et rendre davantage compte », tandis que « l’opposition doit continuer à critiquer tout en proposant des solutions ». La société civile et le secteur privé auraient eux aussi un rôle clé à jouer dans cette dynamique collective.

Le développement ne suffit pas sans cohésion

Pour Mbatchi Pambou, le Gabon ne peut se contenter de ses richesses naturelles ou de son potentiel économique. « Aucune ressource ne remplace la cohésion nationale. Notre première richesse, c’est notre capacité à vivre ensemble », affirme-t-il. Il appelle ainsi à sortir d’une logique où chaque divergence politique se transforme en confrontation, pour embrasser une vision où le débat reste respectueux et constructif.

Alph’-Whilem Eslie et Tryphène Lembah