Ousmane Sonko et le conseil constitutionnel : un revirement de position qui interroge
Conseil constitutionnel : Après l’apaisement, Ousmane Sonko change complètement de discours

Ousmane Sonko, figure centrale de la scène politique sénégalaise, a récemment manifesté une incohérence notable dans ses déclarations concernant le Conseil constitutionnel. Initialement, il avait appelé au respect des décisions de cette instance, pour ensuite adopter une position de critique virulente. Cette évolution de son discours, notamment lors de l’inauguration du siège de Pastef à Touba, met en lumière une tension croissante autour de l’influence présidentielle sur les processus législatifs, qu’il juge « grave ».

La position d’Ousmane Sonko sur le Conseil constitutionnel a connu une transformation rapide en l’espace de quelques jours. Précédemment, suite à la décision des Sages d’invalider un texte adopté par l’Assemblée nationale visant à accroître les prérogatives du Parlement au détriment de celles du président de la République, le leader de Pastef avait prôné l’acceptation de cette délibération. Il avait alors souligné l’impératif de respecter les institutions pour assurer la stabilité de la politique africaine.

« Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », avait-il affirmé avec conviction. Cependant, cette ligne de conduite a été complètement abandonnée lors de l’inauguration du siège de son parti à Touba. Face à ses partisans, Ousmane Sonko a radicalement modifié son discours, lançant des attaques acerbes contre la décision des sept membres du Conseil constitutionnel.

« Le Conseil constitutionnel ne peut pas exiger des députés qu’ils votent des lois uniquement pour satisfaire le président de la République. C’est une situation d’une gravité sans précédent dans ce pays », a-t-il déclaré avec force. Par ailleurs, Ousmane Sonko a critiqué l’utilisation répétée du Conseil constitutionnel par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. « Chaque semaine, il recourt au Conseil constitutionnel », a-t-il asséné, remettant en question la neutralité et l’indépendance de l’institution dans l’actualité africaine citoyenne.