Ousmane Sonko dénonce une mainmise de Bassirou Diomaye Faye sur la réforme constitutionnelle
Suite à l’adoption de la proposition de révision de la Constitution par l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a pris la parole pour exprimer ses vives critiques sur le processus de réforme. Il a pointé du doigt la responsabilité directe du chef de l’État dans les zones d’ombre entourant le texte législatif.
Une Constitution qui n’appartient pas au président
Le président de l’Assemblée nationale a affirmé que les altérations du texte initial proviennent de la présidence de la République. Selon ses propos, Bassirou Diomaye Faye aurait personnellement filtré les dispositions de la réforme pour ne conserver que celles qui servaient ses intérêts. « La Constitution n’est pas la propriété de Bassirou Diomaye Faye », a martelé le leader politique pour souligner le caractère sacré de la loi fondamentale du Sénégal.
Des réformes essentielles écartées du projet
Pour illustrer ses accusations, Ousmane Sonko a énuméré plusieurs mesures qui auraient été délibérément supprimées par l’exécutif. Il a notamment cité l’obligation de déclaration de patrimoine au terme du mandat présidentiel, ainsi que la règle interdisant au chef de l’État de diriger un parti politique. Il juge inadmissible qu’une seule personne puisse trier les réformes qui engagent l’avenir de la société africaine et de la démocratie sénégalaise.
Rappel de la souveraineté et du pouvoir constituant
Dans son intervention, Ousmane Sonko a tenu à rappeler les principes fondamentaux du droit constitutionnel. Il a précisé que le président de la République ne dispose pas de la qualité de pouvoir constituant. Pour lui, l’Assemblée nationale représente le pouvoir constituant dérivé, alors que le peuple, consulté par référendum, demeure le seul détenteur du pouvoir constituant originaire. Cette mise au point vise à replacer la politique africaine au service de la voix des peuples africains plutôt que des intérêts individuels.