Nouveau bras de fer au Sénégal : le PDS se range derrière Diomaye Faye pour contrer Ousmane Sonko

Au cœur de la politique africaine, le Sénégal traverse une phase de turbulences institutionnelles majeures. Le Parti démocratique sénégalais (PDS) vient de clarifier sa position en appelant ouvertement à voter « non » lors du prochain référendum portant sur la révision de la Constitution. Ce scrutin, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye, vise à soumettre au peuple Afrique une loi qui divise profondément la classe politique.

Le texte en question, déjà validé par une majorité parlementaire, a été initialement porté par le Pastef d’Ousmane Sonko. Il propose un rééquilibrage des pouvoirs en renforçant les prérogatives de l’Assemblée nationale tout en restreignant celles du chef de l’État. Dans un revirement notable, le PDS choisit de soutenir la posture du président Faye en s’opposant frontalement à cette réforme. Ce ralliement du mouvement fondé par Abdoulaye Wade à la cause présidentielle s’inscrit dans une dynamique complexe de la société africaine contemporaine.

Nigeria Abuja 2025 | Le président Bassirou Diomaye Faye au sommet de la Cédéao (archive)

Un compagnonnage stratégique de longue date

Les liens entre le PDS et la mouvance de Bassirou Diomaye Faye ne sont pas nouveaux. Dès les législatives de 2022, une coalition de circonstance avait été scellée avec le Pastef pour affaiblir la majorité de Macky Sall. Ce rapprochement s’était intensifié lors de la présidentielle de 2024, lorsque le PDS, après l’éviction de Karim Wade, avait appelé à voter pour le duo Sonko-Faye.

Cette alliance visait avant tout à préserver l’État de droit et à évincer le candidat du pouvoir sortant, Amadou Ba. Pour le clan Wade, il s’agissait aussi d’une réponse politique à l’exil forcé de Karim Wade. Cependant, une fois la victoire acquise, le PDS n’a pas intégré l’appareil gouvernemental, préférant rester une force autonome sur l’échiquier de l’actualité africaine citoyenne.

Hamadou Tidiane Sy

Faire barrage à l’hégémonie d’Ousmane Sonko

Aujourd’hui, le PDS semble vouloir freiner l’influence grandissante d’Ousmane Sonko. En soutenant le référendum proposé par le président Faye, tout en rejetant le contenu des réformes, le parti cherche à isoler le leader du Pastef. Dans une communication officielle, le mouvement dénonce des révisions constitutionnelles qui seraient dictées par les intérêts personnels de Sonko et sa volonté de contrôler les institutions républicaines.

Cette posture reflète un sentiment partagé par une large partie de l’opposition. Beaucoup voient désormais en Ousmane Sonko un obstacle au consensus national. Son discours radical, qui a longtemps porté la voix des peuples africains en quête de changement, semble aujourd’hui crisper ses anciens alliés politiques.

Senegal Dakar 2024 | Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale lorsqu'il était encore Premier ministre

Vers une recomposition durable ?

Le président Bassirou Diomaye Faye pourrait tirer profit de cet isolement de son Premier ministre. En cherchant de nouveaux appuis au-delà du Pastef, il tente de consolider sa propre base politique, notamment à travers sa coalition « Diomaye Président ». Pour de nombreux observateurs, la rupture entre le chef de l’État et son mentor semble consommée, certains au sein du Pastef parlant même ouvertement de trahison.

Le rapprochement actuel avec le PDS, bien que circonstanciel, pourrait préfigurer une nouvelle ère politique au Sénégal, où le dialogue et la recherche de compromis redeviendraient les piliers de la gouvernance nationale.