Niger-Bénin : les exigences de Niamey pour une réouverture de la frontière

Niamey a officiellement communiqué ses prérequis pour rétablir la circulation à la frontière avec le Bénin, bloquée depuis quasiment trois ans. Les autorités nigériennes réclament des garanties formelles, incluant des pactes de défense et de sécurité, pour s’assurer que le sol de l’un ne serve pas de base arrière contre l’autre.

Niger : Niamey pose des conditions à la réouverture de la frontière avec le Bénin

Le ministre de l’Intérieur du Niger, le général Mohamed Toumba, s’est entretenu à Cotonou avec un comité d’experts chargés de ce dossier stratégique. Lors de ces échanges, il a martelé la nécessité d’un cadre juridique solide avant tout retour à la normale entre les deux voisins.

Des conditions strictes pour la sécurité régionale

Au cœur des discussions, Niamey impose la ratification d’un traité de défense ainsi qu’un protocole de sécurité mutuel. L’objectif est de graver dans le marbre le principe intangible de non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre. Le général Toumba a également insisté sur une clarté absolue concernant la présence de forces étrangères à proximité de la zone frontalière, marquée par le cours du fleuve Niger.

Cette requête fait écho aux tensions persistantes, les autorités de transition au Niger ayant régulièrement pointé du doigt la présence présumée de dispositifs militaires français au Bénin. Bien que Cotonou et Paris aient toujours réfuté ces allégations, le Niger maintient sa vigilance depuis le changement de régime intervenu en juillet 2023.

Vers une normalisation des relations bilatérales ?

Malgré ce climat de méfiance, des signes d’apaisement apparaissent dans la politique africaine régionale. Le récent déplacement du président béninois, Romuald Wadagni, à Niamey a amorcé un dialogue constructif. Les deux nations, confrontées aux défis sécuritaires des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, semblent chercher un terrain d’entente pour stabiliser la zone.

Pour renforcer cette coopération, le ministre nigérien a préconisé la mise en place opérationnelle d’une cellule bilatérale de fusion de renseignements. Cette structure permettrait une action coordonnée des forces armées du Bénin et du Niger face à une menace terroriste transfrontalière qui ignore les limites administratives.