Mali : un rapport accablant pointe des violences généralisées contre les populations civiles
Le climat sécuritaire au Mali s’assombrit davantage. Un récent rapport de Human Rights Watch met en lumière une série d’exactions graves perpétrées contre les populations civiles. Ces abus impliquent aussi bien les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA), que les forces armées nationales épaulées par les supplétifs russes d’Africa Corps.
Une spirale de violence depuis le mois d’avril
L’intensité des affrontements a franchi un nouveau palier après les assauts coordonnés survenus les 25 et 26 avril derniers. Selon l’organisation de défense des droits humains, toutes les factions engagées dans le conflit se sont rendues coupables d’attaques illégales visant des non-combattants. Outre les violences physiques, des actes de pillage et la destruction systématique de biens privés, tels que des habitations et des commerces, ont été documentés.
Les villes de Gao et de Kidal ont été particulièrement meurtries. Le bilan provisoire des combats fait état d’au moins 13 civils tués et 25 autres blessés. Un résident de Kidal témoigne de l’horreur vécue : « J’ai été atteint par des projectiles à l’épaule et à la cuisse alors que les tirs fusaient de toutes parts, sans qu’il soit possible d’en déterminer l’origine ».
Exécutions sommaires et destruction de convois
Le JNIM est spécifiquement pointé du doigt pour avoir incendié plus d’une quarantaine de véhicules civils durant le mois de mai, paralysant les axes routiers menant à Bamako. Plus effroyable encore, l’exécution publique d’un homme dans la localité de Tonka a été rapportée par des témoins locaux, qui ont découvert le corps de la victime avec une plaie par balle à la tête.
Des opérations militaires meurtrières au centre du pays
L’armée du Mali n’est pas épargnée par ces accusations. Des opérations menées dans le centre du pays contre les communautés peules auraient entraîné la mort de 38 civils, parmi lesquels figurent 23 enfants. Par ailleurs, l’usage de drones est également mis en cause lors de frappes à Guimbé et Tené. À Tené, un habitant décrit le sifflement précédant une déflagration massive ayant causé de nombreuses victimes et des dégâts matériels considérables.
Une enquête basée sur des preuves matérielles
Pour étayer ces graves accusations, des enquêteurs ont mené 34 entretiens et analysé une multitude de preuves, incluant des images satellites, des clichés photographiques et des séquences vidéo. Si les autorités maliennes sont restées silencieuses face à ces sollicitations, les groupes armés ont réagi de manière contrastée.
- Le JNIM a tenté de justifier ces pertes en affirmant qu’un conflit ne peut se dérouler sans dommages collatéraux.
- Le FLA a, pour sa part, assuré avoir mis en œuvre des protocoles pour limiter l’impact des combats sur les populations.