Mali : le jnim intensifie ses attaques contre les intérêts chinois, neufs otages enlevés
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a réalisé une nouvelle opération spectaculaire au Mali, en s’attaquant à un site minier exploité par une entreprise de la Chine à Naréna. Cette localité stratégique, située dans la région de Kangaba, près de la frontière avec la Guinée, était jusqu’alors épargnée par les violences djihadistes. Pourtant, cette fois, les assaillants ont frappé fort : neuf travailleurs chinois ont été enlevés, tandis que les infrastructures étaient méthodiquement détruites.
Une attaque méthodique aux conséquences multiples
Le raid, mené en pleine nuit par des hommes armés se déplaçant en moto et en véhicules tout-terrain, a révélé une stratégie parfaitement coordonnée. Les infrastructures du site minier ont été systématiquement vandalisées : engins de chantier réduits en cendres, générateurs électriques détruits, bâtiments administratifs incendiés. Mais le pire reste l’enlèvement de neuf ressortissants chinois, une prise d’otages qui offre au JNIM un levier de pression sans précédent sur les autorités maliennes et la Chine.
Un État malien impuissant face à la montée des violences
Cette attaque à Naréna illustre l’effondrement progressif de la sécurité au Mali. Les forces armées maliennes (FAMa), incapables de sécuriser les axes stratégiques et économiques, se replient sur des positions défensives. Leur incapacité à anticiper ou à poursuivre les ravisseurs révèle des déficiences majeures dans le renseignement et une stratégie militaire dépassée. Les promesses de la junte de « restaurer la souveraineté nationale » s’effritent face à une réalité brutale : le territoire leur échappe, et les populations et les investisseurs paient le prix fort.
L’échec patent de l’intervention russe
Pour combler le vide laissé par le départ des forces occidentales et de la mission de l’ONU, Bamako a misé sur un partenariat militaire avec la Russie, en s’appuyant sur des mercenaires comme l’ex-groupe Wagner. Pourtant, l’apport russe s’est avéré inefficace. Spécialisés dans des opérations brutales souvent dirigées contre les civils, ces mercenaires peinent à sécuriser les sites industriels ou à contrer une guérilla aussi mobile que déterminée. Leur présence n’a en rien ralenti l’expansion du JNIM, dont les attaques se rapprochent désormais des zones minières vitales et de la capitale.
La Chine, nouvelle cible privilégiée des djihadistes
En ciblant les intérêts économiques chinois, le JNIM frappe là où ça fait mal : l’économie malienne. Pékin est un partenaire clé pour Bamako, notamment dans les secteurs de l’or et des infrastructures. En s’attaquant à ces cibles, les djihadistes asphyxient financièrement le régime et envoient un message clair : l’État malien n’est plus en mesure de protéger ses partenaires étrangers. Cette situation pourrait contraindre la Chine à revoir sa stratégie d’investissement au Sahel et à exiger des garanties de sécurité que la junte est incapable de fournir.
L’assaut de Naréna marque un tournant alarmant dans la crise malienne. En prouvant sa capacité à frapper où et quand il le souhaite, le JNIM expose l’incapacité des autorités maliennes à garantir la sécurité. Sans une stratégie radicalement nouvelle et une protection réelle des acteurs économiques et des populations, le Mali risque de sombrer dans une spirale de violences et d’instabilité, où la loi du plus fort s’imposera.