Lomé : faure gnassingbé et l’envoyé spécial de tshisekedi en discussion sur la crise à l’est de la rdc

Lomé accueille un dialogue crucial entre Faure Gnassingbé et l’émissaire de Félix Tshisekedi sur la crise sécuritaire en RDC

Dans un contexte marqué par l’escalade des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, le président du Conseil des ministres togolais et médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu à Lomé l’envoyé spécial du président congolais Félix Tshisekedi. Cette rencontre, qui s’est tenue ce 14 juillet 2026 dans la préfecture de la Kozah, s’inscrit dans une dynamique diplomatique régionale visant à apaiser les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs.

Renforcement des liens entre Kinshasa et Lomé au cœur des échanges

Selon les informations transmises par la présidence togolaise, les discussions ont principalement porté sur le renforcement des relations bilatérales entre la République démocratique du Congo et le Togo. Les deux parties ont également abordé la situation sécuritaire particulièrement critique dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23 se poursuivent depuis plusieurs mois.

Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale et émissaire spécial de Félix Tshisekedi, a salué l’engagement personnel de Faure Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable à la crise. Ce dernier agit en effet en tant que médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre le conflit dans l’Est de la RDC, un rôle qui lui confère une légitimité centrale dans les efforts de médiation en cours.

Coopération régionale et initiatives diplomatiques en mouvement

Avant son déplacement à Lomé, l’émissaire congolais s’était rendu en Ouganda pour remettre un message de Félix Tshisekedi à son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. Ces démarches s’inscrivent dans un cadre plus large de concertations régionales, alors que les initiatives internationales, notamment à Washington et Doha, peinent à produire des résultats concrets.

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous tension, avec l’AFC/M23 qui consolide ses positions sur le terrain. Selon plusieurs rapports internationaux, cette rébellion bénéficierait d’un soutien militaire et logistique en provenance du Rwanda, une accusation que Kigali dément catégoriquement. Dans ce contexte, les efforts diplomatiques se multiplient pour éviter une escalade incontrôlable.

Lomé, plaque tournante des négociations pour la paix en Afrique centrale

Cette rencontre à Lomé s’ajoute à une série de consultations diplomatiques intenses menées ces dernières semaines. Les présidents congolais et angolais, Félix Tshisekedi et João Lourenço, entretiennent des échanges réguliers sur les questions de paix et de sécurité. Par ailleurs, le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine, a récemment mené des consultations avec les principales confessions religieuses de la RDC ainsi qu’avec des leaders de l’opposition.

Quelques jours avant cette visite, Félix Tshisekedi s’était rendu à Brazzaville pour des discussions avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite faisait suite à celle d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Ces échanges s’inscrivent dans la continuité des efforts visant à renforcer la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Une médiation africaine renforcée par des sessions d’évaluation régulières

Lomé a récemment accueilli une session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à l’initiative de Faure Gnassingbé. Lors de cette réunion, le président togolais a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés dans la résolution du conflit. Il a également souligné l’importance d’une mobilisation collective pour la stabilité et la sécurité dans l’Est de la RDC.

Cette session faisait suite à une réunion de haut niveau sur la consolidation du processus de paix en RDC, tenue les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. Organisée sous l’égide de Faure Gnassingbé, cette initiative avait réuni d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, ainsi que des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Ces efforts visent à renforcer la confiance entre les parties et à faire progresser le dialogue en vue d’un règlement pacifique du conflit.

Pour le médiateur de l’Union africaine, seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les avancées et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

De gauche à droite : Faure Essozimna Gnassingbé et Floribert Anzuluni lors de leur discussion à Lomé