Le PRES du Sénégal sous le feu des critiques du FMI : Waly Diouf Bodian défend la stratégie de Sonko
Un plan ambitieux de 5 667 milliards de francs CFA d’ici 2028
Le Plan de redressement économique et social (PRES), dévoilé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 1er août 2024, s’articule autour d’une mobilisation record de 5 667 milliards de francs CFA sur la période 2025-2028. Pour l’année 2026, l’État sénégalais vise un surplus de recettes de 762,6 milliards dans sa Loi de finances initiale. Pourtant, à mi-parcours, seulement 63,4 milliards ont été collectés, dont 7,9 milliards issus des recettes douanières, selon les chiffres présentés à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Cheikh Diba. Un écart de près de 700 milliards subsiste entre les réalisations et les ambitions affichées.
Waly Diouf Bodian contre-attaque : le PRES génère déjà entre 15 et 20 milliards par mois
Dans un contexte de tensions avec le Fonds monétaire international (FMI), qui scrute de près la santé financière du Sénégal, Waly Diouf Bodian, membre influent du cabinet politique du Premier ministre, a pris la parole pour rectifier le tir. Selon lui, le PRES affiche une collecte mensuelle fluctuant entre 15 et 20 milliards de francs CFA. Il met en avant des mesures ciblées, notamment sur le foncier et les transferts d’argent, qui devraient amplifier leurs effets dans les mois à venir. Ces dispositifs, souligne-t-il, sont conçus pour produire des résultats cascadants et combler progressivement le retard accumulé.
Cette défense intervient alors que l’opposition et certains observateurs pointent un rythme de collecte jugé trop lent par rapport aux prévisions. Les prochaines semaines seront décisives : une session parlementaire dédiée à l’actualité économique, prévue ce vendredi, permettra au gouvernement de rendre des comptes sur la trajectoire réelle des recettes du PRES, comparée aux objectifs trimestriels inscrits dans la loi de finances.
Fonctionnement du PRES : entre recettes immédiates et leviers structurels
Le PRES repose sur deux piliers complémentaires :
- Des recettes immédiates : augmentation des taxes douanières, lutte contre la fraude fiscale, et optimisation des procédures administratives pour accélérer les recouvrements.
- Des réformes structurelles : modernisation du cadastre foncier, digitalisation des transferts d’argent (notamment via les plateformes mobiles), et renforcement de la transparence dans la gestion des fonds publics.
Selon Waly Diouf Bodian, ces leviers, bien que longs à déployer, devraient doper significativement les recettes d’ici la fin de l’année. Les autorités sénégalaises misent sur un effet d’entraînement, où chaque mesure adoptée amplifiera les autres, créant un cercle vertueux de mobilisation financière.
Le gouvernement, sous pression, devra démontrer sa capacité à concilier rigueur budgétaire et croissance inclusive, tout en rassurant le FMI sur sa capacité à respecter les engagements pris. L’enjeu est double : éviter un déséquilibre financier majeur et préserver la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale.