Le Gabon met fin à son accord de pêche avec l’Union européenne
Une rupture stratégique pour la souveraineté halieutique gabonaise
Le Gabon franchit une étape décisive dans la gestion de ses ressources maritimes. Le président Brice Oligui Nguema a officiellement lancé une procédure de dénonciation unilatérale de l’Accord de partenariat de pêche durable (APPD) qui liait le pays à l’Union européenne. Cette décision marque la volonté de Libreville de mettre un terme à une collaboration jugée « profondément déséquilibrée ».
Des retombées économiques jugées insuffisantes
Au cœur de cette contestation se trouve le constat d’un manque à gagner flagrant pour l’économie nationale. Les autorités gabonaises estiment que les compensations financières actuelles ne reflètent ni la valeur réelle des captures effectuées par les navires européens, ni les dépenses engagées par l’État pour la surveillance des eaux territoriales. De plus, l’absence de transformation locale des produits de la mer prive le pays d’une importante valeur ajoutée, essentielle pour la société africaine.
Le gouvernement pointe également du doigt la faiblesse des investissements destinés au développement local et à la création d’emplois. Le manque de transparence et l’absence de suivi scientifique partagé font peser des risques sérieux de surexploitation des stocks de poissons, une situation que le Gabon souhaite désormais corriger par un cadre plus rigoureux et protecteur pour le peuple Afrique.
Vers un partenariat de « nouvelle génération »
Signé initialement en 2007 et renouvelé en 2021 pour une période de cinq ans, cet accord représentait une valeur globale d’environ 17 milliards de francs CFA (soit près de 26 millions d’euros). Face à cette dénonciation, l’Union européenne a exprimé sa volonté d’adopter une approche constructive. L’organisation se dit prête à négocier un nouveau protocole d’application qui soit mutuellement bénéfique, prônant un cadre rénové, plus efficace et tourné vers l’avenir de la politique africaine en matière de pêche durable.