Le Gabon lance un audit majeur pour assainir sa dette intérieure

Vers une clarification des créances de l’État gabonais

Lors de la clôture du Gabon Economic Forum (GEF), la question cruciale de la dette intérieure a été placée au centre des priorités. Alain-Claude Kouakoua, à la tête de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), a souligné l’urgence de traiter ce dossier qui pèse lourdement sur l’économie nationale. Bien que le montant de 4 340 milliards de FCFA soit régulièrement avancé depuis plusieurs années, une réévaluation approfondie semble nécessaire pour distinguer les créances légitimes des dossiers litigieux.

Un audit rigoureux pour séparer le bon grain de l’ivraie

Une opération de vérification systématique est désormais lancée. En étroite collaboration avec la Task Force dédiée et le ministère de l’Économie, cet audit vise à identifier précisément la « dette certaine », dûment validée par les deux parties. L’objectif est d’écarter les réclamations basées sur des pièces insuffisantes ou des procédures irrégulières. Tant que ce travail de tri n’est pas achevé, aucun nouvel engagement de remboursement ne sera acté. Il est d’ores et déjà acquis que l’enveloppe globale sera revue à la baisse par rapport aux estimations qui circulaient jusqu’ici.

Il apparaît également qu’une part importante de ces arriérés, environ 50 %, a déjà été réglée depuis l’arrivée au pouvoir du CTRI en août 2023. Cependant, la discrétion des entreprises ayant perçu ces fonds a entretenu un certain flou sur la situation réelle des finances publiques, une opacité que le président de la FEG a tenu à dénoncer.

La mise en place d’un programme national d’apurement

Conformément aux orientations issues du GEF, le Gabon va désormais prioriser le remboursement des crédits de TVA et des impayés liés aux marchés publics. Ce processus s’appuiera sur des mécanismes accélérés tels que la titrisation et l’imputation croisée. Pour garantir la transparence de ces opérations, un Comité national de suivi sera instauré, marquant ainsi le retour effectif du Club de Libreville.

Cette démarche structurée est perçue par le secteur privé comme un signal fort et attendu. En sortant de l’ère de l’incertitude et des contentieux, le Gabon espère restaurer une confiance mutuelle durable entre l’administration publique et les opérateurs économiques, condition indispensable à la stabilité de la société africaine et à la relance économique du pays.