Le Gabon adopte une nouvelle fiscalité pour les géants du numérique

Dans le cadre de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, le Gabon franchit une étape majeure dans la modernisation de son système fiscal. Les fournisseurs étrangers de services numériques opérant sur le marché gabonais seront désormais assujettis à la TVA et à la Contribution spéciale de solidarité (CSS), même en l’absence d’établissement physique dans le pays.

Les grandes plateformes internationales pourraient désormais être soumises aux mêmes obligations fiscales que les entreprises locales. L’administration fiscale pourra notamment s’appuyer sur l’adresse de facturation du client, son numéro d’identification fiscale, ses coordonnées bancaires, les données de géolocalisation, l’adresse IP utilisée lors de la transaction ou encore les informations relatives à la carte SIM et aux réseaux de télécommunications.

Le texte définit largement les services concernés. Il s’agit notamment des prestations de publicité numérique, des services de diffusion audiovisuelle, du téléchargement de films, de musique ou de jeux vidéo, de l’hébergement de sites internet, des logiciels, du stockage de données dans le cloud, de la vente de bases de données, des formations en ligne ainsi que des abonnements aux plateformes de streaming.

Les prestations des cabinets de conseil, des experts-comptables, des ingénieurs ou encore les cessions de licences et de droits de propriété intellectuelle sont également visées lorsqu’elles sont fournies à distance. Les opérateurs concernés devront ainsi déposer périodiquement leurs déclarations et s’acquitter des montants dus auprès de l’administration fiscale gabonaise, selon un calendrier défini par les nouvelles dispositions légales.

Avec cette évolution, le Gabon rejoint un mouvement observé depuis plusieurs années dans de nombreuses économies, en Afrique comme ailleurs, visant à adapter les systèmes fiscaux à l’essor des services numériques transfrontaliers.