L’Argentine arrache sa place en finale du Mondial après un match épique contre l’Angleterre
Mondial : l’Argentine renverse l’Angleterre en fin de match et rejoint l’Espagne en finale

L’Argentine a décroché sa place en finale de la Coupe du monde de soccer masculin, mercredi, après une victoire dramatique 2-1 face à l’Angleterre au Stade d’Atlanta. Des buts inscrits dans les ultimes instants de la partie ont scellé le sort de cette demi-finale palpitante.
Les champions en titre ont déclenché une offensive fulgurante à la 85e minute pour égaliser, avant de trouver le chemin des filets une seconde fois durant les arrêts de jeu de la seconde mi-temps, s’assurant ainsi la victoire en Géorgie.
« Nous avons ressenti des émotions particulières, je crois que le groupe en a pris conscience, et nous savions que ce n’était pas une victoire de plus, mais une victoire capitale, attendue par le peuple argentin, et par nous aussi », a déclaré Lionel Messi, évoquant la rivalité historique avec l’Angleterre.
L’Albiceleste poursuit son parcours, malgré des matchs précédents où elle n’a pas toujours dominé, comme face au Cap-Vert, à l’Égypte ou à la Suisse. Cette qualification récompense l’incroyable détermination qui anime le collectif argentin.
« Aujourd’hui, nous sommes encore allés chercher cette victoire alors que la situation s’était compliquée. Nous n’avons jamais cessé d’y croire », a affirmé le capitaine argentin, auteur de deux passes décisives, ajoutant : « Nous les avons acculés dans leur camp et, franchement, c’est un bonheur immense. »
Le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, a pour sa part confié : « Ce groupe ne cesse de me surprendre. »
« Ce que montrent les joueurs est impressionnant », a-t-il insisté, saluant également le soutien fervent du public argentin. « Nous sommes vraiment uniques, et ce n’est pas de l’arrogance ; du fond du cœur, ces gens nous ont portés vers la victoire aujourd’hui. »
Harry Kane « dégoûté » par l’issue du match
Le premier but de la rencontre a été l’œuvre d’Anthony Gordon à la 55e minute, qui a habilement redirigé le ballon dans les filets argentins après une passe magnifique de Morgan Rogers. Gordon avait auparavant réalisé une excellente course pour se démarquer près de la cage adverse.
« Je suis dégoûté pour les joueurs, pour tout le monde, l’équipe, le personnel, les partisans », a déclaré le capitaine anglais, Harry Kane, à la BBC.
« Nous avons bien joué la majorité de la rencontre. Quand on menait 1-0, on a donné l’impression d’essayer de tenir le score, ce qui, à ce niveau, n’est pas suffisant », a-t-il souligné.
C’est précisément à ce moment que deux passes décisives de Messi ont fait basculer le match en faveur de l’Argentine.
« Aujourd’hui, dans les 15, 20 ou 25 dernières minutes, quand il l’a pu, Messi a pris le ballon. Et Messi s’est mis à jouer comme s’il était dans son jardin », a décrit le sélectionneur Scaloni à propos de son capitaine.

La réplique argentine est d’abord venue d’Enzo Fernandez, qui a décoché une frappe puissante de l’extérieur de la surface de réparation à la 85e minute, plongeant le camp anglais dans la consternation. Un but de la tête de Lautaro Martinez (90e+2) a ensuite définitivement propulsé l’Albiceleste en tête.
« Depuis que mon père m’a acheté ma première paire de crampons, j’ai toujours rêvé d’inscrire ce but », s’est remémoré Martinez, ému aux larmes, avant d’ajouter que « cette équipe continue de montrer de quel bois elle est faite ».
Les Three Lions échouent ainsi aux portes de la finale, comme en 2018, et six décennies après leur unique titre mondial, remporté lors du Mondial de 1966 en Angleterre.
La première demi-finale de cette Coupe du monde avait vu l’Espagne triompher 2-0 face à la France, mardi, au Stade de Dallas, au Texas.
« Les Malouines sont argentines » : une banderole qui fait débat
Au coup de sifflet final, des joueurs argentins ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire « les [îles] Malouines sont argentines », faisant référence au litige territorial qui a dégénéré en conflit armé en 1982.
Cette banderole, brandie par plusieurs joueurs puis déposée sur la pelouse du Stade d’Atlanta par Giovanni Lo Celso, semble enfreindre le règlement de la FIFA, qui proscrit toute manifestation politique dans les enceintes sportives lors de ses tournois.

En soirée, le président argentin Javier Milei, sans commenter directement le geste des joueurs, a appelé à l’apaisement, estimant qu’« il ne faut pas mélanger » le football et le contentieux des Malouines.
« Ne mélangeons pas les choses. Les Malouines se récupèrent avec une diplomatie avisée, et non avec des gestes de patriotisme bon marché », a-t-il déclaré sur Radio Mitre.
« Nous réalisons des avancées énormes sur le plan diplomatique, nous avons réussi à faire en sorte que l’ONU oblige l’Angleterre à venir s’asseoir pour discuter avec nous, mais ne mélangeons pas tout, ce n’est qu’un match de soccer », a ajouté le président, tout en qualifiant la victoire d’« étape glorieuse » pour l’Albiceleste.
Les Malouines, un petit archipel de l’Atlantique Sud, sont revendiquées par l’Argentine depuis l’occupation anglaise en 1833. Une guerre de deux mois a éclaté au printemps 1982 après le débarquement de troupes de la junte militaire argentine sur l’archipel, causant 649 décès argentins et 258 britanniques.
Quatre ans plus tard, lors du Mondial de 1986, l’Argentine avait battu l’Angleterre 2-1 en quarts de finale grâce à un doublé légendaire de Diego Maradona, incluant la célèbre « main de Dieu », que l’ancien numéro 10 avait décrite comme « une revanche symbolique contre les Anglais ».
L’hymne officieux des supporters argentins au Mondial de 2026, « La Cuarta Estrella » [la 4e étoile], contient une référence à l’archipel contesté : « pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo [Messi], Argentine, je veux te voir double championne du monde… »
