La stratégie de Donald Trump pour ancrer le Cameroun dans la sphère américaine
L’offensive stratégique des États-Unis face à l’influence de Pékin
Depuis son accession au pouvoir, Donald Trump a profondément remanié la doctrine diplomatique des États-Unis. L’objectif est clair : limiter l’expansion de la Chine, perçue comme le principal concurrent à la domination américaine. Dans cette guerre d’influence, le Cameroun occupe désormais une place de choix, notamment pour sécuriser l’approvisionnement en terres rares et réduire la dépendance vis-à-vis des marchés chinois.
Le secteur minier : un levier de puissance pour Washington
Au cœur de cette manœuvre, le groupe GreenMet joue un rôle prépondérant. Son dirigeant, Drew Horn, ancien conseiller à la sécurité nationale et expert en renseignement, s’est récemment rendu à Yaoundé. Cette visite, bien que discrète, souligne l’intérêt pressant de l’administration Trump pour les ressources locales. Des personnalités de confiance comme Georges Sorial et Keith Schiller, tous deux issus du cercle restreint du président américain, sont également impliquées dans ces démarches stratégiques.
L’un des points d’ancrage de cette coopération est le projet minier de Nkamouna, riche en nickel et en cobalt. La société American Renaissance Minerals (ARM), affiliée à GreenMet, se positionne désormais en tête pour l’exploitation de ce gisement. Au-delà du nickel, ce sont les terres rares qui sont activement ciblées par les autorités américaines.
Contourner les obstacles pour renforcer les échanges
Pour mener à bien ses ambitions malgré l’exclusion du Cameroun de l’AGOA par le Congrès, Donald Trump utilise des voies alternatives. La Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) sert désormais de pivot pour structurer les nouveaux accords commerciaux. Cette approche pragmatique vise à instaurer un modèle basé sur la transparence, contrastant avec les méthodes chinoises souvent critiquées.
La lutte contre les flux financiers illicites est également au programme. Suite aux signalements de l’ITIE sur la contrebande d’or, les services de renseignement américains collaborent avec le gouvernement camerounais pour identifier et neutraliser les réseaux de pillage des ressources.
Une coopération sécuritaire et diplomatique de haut niveau
Le rapprochement entre les deux nations se manifeste aussi sur le plan consulaire et militaire. Le Cameroun fait partie du cercle restreint de vingt nations africaines dont les citoyens conservent un accès facilité aux visas américains. Sur le terrain militaire, les visites successives à Yaoundé du général Dagvin Anderson et du lieutenant-général John William Brennan Jr., hauts commandants de l’AFRICOM, témoignent de l’importance sécuritaire du pays pour Washington.
L’ambassadeur Christopher Lamora a réaffirmé cette volonté de dynamiser le climat des affaires, souhaitant voir davantage de coentreprises entre sociétés américaines et camerounaises. Cette politique vise à contrer les investissements massifs de la Chine en Afrique, qui s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de dollars. Pour certains analystes, l’ambition finale de Donald Trump est de transformer des partenaires clés comme le Cameroun, le Nigeria et le Kenya en véritables puissances économiques régionales, sur le modèle des anciens « dragons d’Asie ».