La responsabilité de Félix Tshisekedi dans la résurgence du M23 à Kinshasa

Joseph Makila accuse Félix Tshisekedi d’avoir favorisé le retour du M23 à Kinshasa

Lors d’une intervention remarquée dans l’émission Space animée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant et ancien vice-Premier ministre congolais, José Makila Sumanda, a livré une analyse sans concession sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ses déclarations, centrées sur le rôle controversé du Mouvement du 23 mars (M23), ont particulièrement ciblé l’actuel président Félix Tshisekedi.

Les rebelles du M23 à Bukavu le 20 février 2025

Le M23 et Joseph Kabila : une relation dénuée de toute preuve de complicité

José Makila a catégoriquement rejeté les allégations selon lesquelles l’ancien président Joseph Kabila aurait entretenu des liens avec le M23. Selon lui, personne au sein du mouvement rebelle n’a jamais assuré la protection de Kabila, soulignant que les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu soumises à l’administration du M23 sont toutes placées sous le même régime militaire. « Kabila a défendu l’intégrité du territoire national lorsqu’il était à la tête de l’État, sans jamais avoir de différend personnel avec les leaders du M23 comme Makenga ou Nanga », a-t-il précisé.

L’opposant a également questionné la légitimité des accusations portées contre Kabila, alors que ce dernier n’est plus en charge de la défense du pays. « Vous le condamnez en quoi, maintenant qu’il n’a plus cette responsabilité ? », a-t-il interrogé, mettant en lumière l’incohérence des critiques actuelles.

Félix Tshisekedi pointé du doigt pour le retour du M23 à Kinshasa

José Makila a retourné la responsabilité du retour du M23 sur la scène politique congolaise vers le président Félix Tshisekedi. Selon lui, c’est l’actuel chef de l’État qui a normalisé les relations avec le mouvement rebelle, rendant ainsi caduque toute tentative de mettre en cause Joseph Kabila pour des faits qu’il n’aurait pas commis. « Ce n’est pas Kabila qui a ramené le M23 à Kinshasa, c’est Tshisekedi », a-t-il affirmé avec fermeté.

Un conflit à dimension politique plutôt que militaire

Sur le plan stratégique, Makila a pris soin de distinguer une guerre interétatique d’une rébellion soutenue par des acteurs extérieurs. Rejetant toute comparaison avec le conflit russo-ukrainien, il a souligné que la RDC n’est pas officiellement en guerre contre le Rwanda. « Nous disposons de Sukhoï et de drones. Pourquoi ces avions et ces drones ne bombardent-ils pas le territoire rwandais si nous étions en guerre ? », a-t-il demandé, mettant en avant l’absence de frappes directes sur le sol rwandais comme preuve d’un conflit non interétatique.

L’opposant s’est présenté comme un acteur strictement politique, refusant de s’aventurer sur le terrain militaire. « Je suis à 100 % un homme politique. Je vous livre ce que je connais en politique », a-t-il conclu, soulignant que son analyse se limite au champ politique et non à la stratégie militaire.

Cette prise de position audacieuse de José Makila intervient dans un contexte où la sécurité dans l’Est de la RDC reste une préoccupation majeure, avec des tensions persistantes et des accusations croisées entre les différents acteurs politiques et militaires du pays.