La France défend les droits des lgbt+ face à la loi sénégalaise
Le Sénégal, où une législation anti-LGBT+ a été adoptée en mars 2026, voit son gouvernement faire face à une réaction internationale. Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a annoncé sur X que Paris soumettrait prochainement au Conseil des droits de l’homme de l’ONU une résolution visant à interdire la criminalisation des personnes LGBT+ dans le monde. Cette initiative diplomatique survient alors qu’un ressortissant français est détenu à Dakar depuis février dernier en application de la nouvelle loi sénégalaise.
« La France s’engage sans réserve pour faire avancer les droits humains », a déclaré le ministre, dénonçant une « tendance conservatrice » qui s’étend depuis plusieurs années sur plusieurs continents. Une position réaffirmée par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, qui avait précédemment mis en garde Dakar contre les risques de violation des engagements internationaux.
Une loi sénégalaise controversée
Promulguée le 30 mars 2026 après un vote unanime de l’Assemblée nationale sénégalaise, la nouvelle législation durcit significativement les peines liées à l’homosexualité. Le texte, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko comme une mesure de souveraineté nationale, porte la peine maximale d’emprisonnement de cinq à dix ans et multiplie par dix les amendes, désormais plafonnées à dix millions de francs CFA. Il introduit en outre un délit de promotion, de soutien ou de financement des « actes contre nature », incluant l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité.
Les autorités françaises, par la voix du porte-parole du Quai d’Orsay Pascal Confavreux, avaient déjà exprimé leur préoccupation dès le 16 avril, lors d’un échange entre Jean-Noël Barrot et son homologue sénégalais Cheikh Niang. Une démarche diplomatique qui s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des droits LGBT+ sur le continent africain.
Un citoyen français en détention au Sénégal
Depuis le 14 février 2026, un ressortissant français est incarcéré à Dakar pour des faits relevant de la nouvelle loi. Le consulat de France à Dakar a effectué quatre visites de suivi, tout en maintenant un contact constant avec sa famille. Par ailleurs, un tribunal dakarois a condamné en avril un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des actes similaires, illustrant l’application stricte du texte.
Selon les données du ministère français des Affaires étrangères, 62 pays à travers le monde criminalisent encore les relations homosexuelles consensuelles, dont onze appliquent la peine de mort. La date de présentation de la résolution française au Conseil des droits de l’homme de Genève reste pour l’heure inconnue.