Kinshasa paralysée : l’opposition fait grève contre le projet de révision constitutionnelle

Kinshasa paralysée : l’opposition fait grève contre le projet de révision constitutionnelle

La capitale de la République démocratique du Congo (RDC) s’est réveillée au ralenti ce matin. La raison ? L’appel lancé par l’opposition à une journée « ville morte » pour protester contre le projet de changement de la Constitution. Une mobilisation qui vise à empêcher le président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat au-delà des limites constitutionnelles.

Une capitale figée sous haute surveillance

Dès les premières heures de la matinée, les habitants de Kinshasa ont massivement répondu à l’appel de l’opposition. Les rues, habituellement animées dès l’aube, sont restées désertes. Les taxis se font rares, les écoles n’ont vu que peu d’élèves, et la plupart des commerces ont choisi de fermer leurs portes par précaution.

Dans le district de Mont-Amba, la route Intendance de l’Université de Kinshasa, normalement bondée d’étudiants à cette heure, était étrangement calme. Des policiers en nombre étaient déployés le long de la chaussée, tandis que les arrêts de transport en commun restaient vides. Même la station-service Salongo hésitait à ouvrir ses portes.

Plusieurs véhicules militaires et jeeps de police patrouillaient sur l’avenue Bypass et aux abords du rond-point Ngaba, qui est resté quasi désert jusqu’à 8 heures du matin.

À Limete, une commune réputée pour son trafic intense, notamment sur les boulevards Lumumba et Poids lourds, la situation était tout aussi calme. Les transports en commun étaient quasi inexistants, et seuls quelques véhicules privés circulaient prudemment pour éviter tout incident. Les habitants ont témoigné d’une présence policière accrue, avec des agents déployés aux points stratégiques de la commune.

Une mobilisation pacifique mais ferme

Cette journée « ville morte » s’inscrit dans un contexte politique tendu. L’opposition, unie dans son rejet du projet de révision constitutionnelle, a appelé la population à manifester son opposition de manière pacifique mais déterminée. Le projet, perçu comme une manœuvre pour permettre au président de briguer un troisième mandat, a suscité une vague de contestation dans tout le pays.

Les forces de l’ordre, déployées en nombre, veillaient à maintenir l’ordre public. Les habitants de Kinshasa, bien que nombreux à soutenir la mobilisation, ont préféré éviter les déplacements inutiles pour ne pas risquer de se retrouver pris dans des troubles éventuels.

Les commerçants, de leur côté, ont majoritairement choisi de fermer boutique par prudence, tandis que les écoles et universités ont vu leurs effectifs réduits à une poignée d’élèves et d’étudiants.

Un climat politique sous tension

Cette journée de protestation survient alors que les tensions politiques en République démocratique du Congo restent vives. Le projet de révision constitutionnelle, qui permettrait au président Félix Tshisekedi de se représenter en 2028, divise profondément la classe politique et la société civile.

L’opposition, qui accuse le pouvoir de vouloir s’accrocher au pouvoir par tous les moyens, a appelé à une mobilisation massive pour faire entendre sa voix. Elle espère ainsi faire pression sur le gouvernement pour qu’il renonce à ce projet controversé.

Les habitants de Kinshasa, qui ont massivement répondu à l’appel, ont montré leur détermination à ne pas laisser passer ce qu’ils considèrent comme une tentative de déstabilisation démocratique. Une journée qui pourrait marquer un tournant dans le débat politique actuel en RDC.