justice au Mali : enquête sur un complot présumé en lien avec bah n’daw
Au cœur de la transition malienne : un procès sous haute tension
Six années après l’avènement de la transition au Mali, un dossier judiciaire historique est en passe d’être jugé ce mardi 14 juillet devant les chambres criminelles de la cour d’appel de Bamako. Plusieurs personnalités, toutes liées à l’ancien président de transition Bah N’Daw, sont accusées d’avoir orchestré une tentative de déstabilisation du pouvoir en place.
Une affaire aux contours encore flous
Six individus, dont trois militaires et trois civils, comparaitront pour « tentative de complot contre le gouvernement ». Parmi eux figurent des proches collaborateurs de Bah N’Daw, comme le colonel Kassoum Goïta, ancien directeur de la Sécurité d’État, et Kalilou Doumbia, ex-secrétaire général de la présidence. Tous ont été incarcérés depuis 2021 sans que les détails précis des accusations ne soient rendus publics, alimentant les interrogations.
- Kalilou Doumbia : en poste du août 2020 au mai 2021, il occupait un rôle clé à la présidence de transition.
- Colonel Kassoum Goïta : à la tête des services de renseignement durant cette période, il n’a aucun lien familial avec le général Assimi Goïta, actuel président de la transition.
- Autres accusés : un adjudant-chef, un commissaire de police, un homme d’affaires et un marabout complètent cette liste.
Les avocats de la défense dénoncent avec fermeté un procès motivé par des considérations politiques, visant des individus simplement associés à Bah N’Daw, écarté lors du second coup d’État de mai 2021.
Un parcours judiciaire semé d’embûches
En 2022, une décision de non-lieu avait été prononcée en faveur de Kalilou Doumbia et de Moustapha Diakité, ancien commissaire de Kayes. Pourtant, ces derniers sont restés détenus. En janvier 2023, la justice a finalement ordonné leur renvoi devant les tribunaux criminels, et depuis, toutes leurs demandes de libération provisoire ont été rejetées sans exception.
Les avocats des accusés confirment leur présence à l’audience, où ils défendront leur innocence face aux accusations qu’ils qualifient d’infondées. Ils espèrent que ce procès permettra enfin d’éclaircir les circonstances de cette affaire et de rétablir la vérité, un enjeu majeur pour la justice malienne et la cohésion de la société africaine.
Des zones d’ombre persistantes
En décembre 2021, la défense a porté plainte contre le général Modibo Koné, actuel directeur de la Sécurité d’État, pour des irrégularités présumées lors des interpellations. À ce jour, cette plainte est toujours en suspens, ajoutant une couche supplémentaire de mystère autour de cette affaire complexe.
Ce procès, attendu avec impatience par les observateurs, pourrait bien marquer un tournant dans la justice au Mali, où les questions de transparence et d’équité restent au cœur des débats.