Investissement historique de la banque mondiale pour l’eau et le climat au Tchad
Un engagement financier majeur pour les communautés tchadiennes
Le Tchad bénéficie d’un soutien sans précédent de la part de la Banque mondiale, qui vient d’allouer une enveloppe de 160 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’eau et renforcer la résilience climatique dans les régions les plus vulnérables du pays. Ce financement, destiné à toucher près d’un million de personnes, dont 50,6 % de femmes, marque une étape clé dans la lutte contre les défis environnementaux et sociaux qui frappent le Tchad.
Un projet ambitieux pour briser le cycle de la vulnérabilité
L’initiative, intitulée Projet d’appui à la sécurité de l’eau et à la résilience au Tchad (PASER), s’inscrit comme un pilier essentiel pour renforcer la stabilité des communautés exposées aux chocs climatiques. Grâce à ce programme, les infrastructures hydrauliques et les services essentiels seront modernisés, offrant une meilleure protection contre les sécheresses récurrentes, les inondations dévastatrices et la dégradation accélérée des terres qui menacent le quotidien des Tchadiens.
Le PASER se concentre sur trois axes majeurs : la gestion durable des ressources hydriques, le renforcement des compétences locales et l’amélioration des conditions de vie des populations les plus exposées. Ces mesures permettront non seulement de sécuriser l’accès à l’eau potable, mais aussi de créer un environnement propice à la croissance économique et à la cohésion sociale.
Un financement adapté aux défis régionaux
Sur les 160 millions de dollars alloués, 80 millions proviennent de la Fenêtre pour les communautés hôtes et les réfugiés (WHR), une initiative ciblant spécifiquement les zones accueillant des populations déplacées, notamment dans l’est du pays. Cette somme reflète l’urgence de répondre aux besoins des 1,3 million de réfugiés soudanais qui ont trouvé asile au Tchad, aggravant les pressions sur les ressources naturelles et les tensions communautaires.
Farouk Mollah Banna, représentant de la Banque mondiale au Tchad, souligne l’importance de ce projet : « Dans un contexte où les ressources en eau deviennent un enjeu de survie et de paix, ce financement permettra de restaurer l’accès à l’eau et d’instaurer un climat de confiance. Il s’attaque aux racines des conflits, qu’ils soient liés aux disparités régionales, au manque d’opportunités ou à la compétition pour les ressources naturelles. »
Une vision intégrée pour un Tchad plus résilient
Ce projet s’aligne parfaitement sur le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, qui vise à transformer l’aide humanitaire en une stratégie de développement durable. L’objectif ? Faire du Tchad un pays où les communautés, qu’elles soient hôtes ou réfugiées, peuvent prospérer malgré les défis climatiques et sociaux.
Hawa Cissé Wagué, directrice de division par intérim de la Banque mondiale pour le Tchad, précise : « Ce partenariat illustre comment les investissements stratégiques peuvent devenir des leviers de paix et de prévention dans les zones les plus fragiles. Nous accompagnons le Tchad dans sa transition vers une société plus inclusive, stable et résiliente. »
Avec un impact direct sur un million de personnes, dont plus de la moitié issues des communautés hôtes et réfugiées, le PASER représente bien plus qu’un simple projet : c’est un engagement pour l’avenir du Tchad et de ses habitants.