Insécurité grandissante dans le Rutshuru : enlèvements et drames humains

Situation sécuritaire alarmante dans le territoire de Rutshuru

Le climat d’insécurité ne cesse de s’assombrir dans le territoire de Rutshuru, situé dans la province du Nord-Kivu. Au cours d’une période récente, une série d’actes criminels a frappé la région, avec un bilan faisant état d’au moins dix enlèvements, deux décès et de nombreux pillages de biens matériels.

Ces événements tragiques, localisés dans six zones distinctes, se manifestent par des kidnappings, des braquages routiers violents et des incursions nocturnes dans les domiciles. L’urgence d’un rétablissement de l’ordre public devient une nécessité absolue pour les populations civiles de l’est de la République démocratique du Congo.

Multiplication des kidnappings et pillages routiers

En pleine matinée, sept individus ont été capturés sur les axes reliant Kibirizi à Rwindi et Kibingu. Parmi les personnes enlevées figurent trois conducteurs de moto-taxi et leurs clients. En plus de ces rapts, les agresseurs ont fait main basse sur une cargaison de poissons en provenance de Vitshumbi. À ce jour, les responsables de ces exactions n’ont pas encore été identifiés.

Un peu plus tôt, trois autres citoyens avaient déjà été privés de leur liberté. Deux ont été emmenés de force lors d’une attaque ciblée dans le quartier Buzito, à Kiwanja, tandis qu’une troisième victime a été interceptée dans le quartier Majengo, à Kibirizi.

La menace s’étend également au transport de marchandises. Un camion de commerce a essuyé des tirs d’hommes armés sur la route Kanyabayonga-Rwindi. Si aucune perte humaine n’est à déplorer dans cette attaque spécifique, l’intégralité de la cargaison a été dérobée après que le chauffeur a été contraint de s’arrêter sous la menace des armes.

Des victimes civiles prises entre deux feux

Le village de Kiseguro a été le théâtre d’un drame familial poignant. Une jeune femme de 22 ans et son enfant ont perdu la vie, victimes de balles perdues lors de violents affrontements entre les rebelles de l’AFC-M23 et les miliciens des FDLR. Ce tragique événement souligne une fois de plus la vulnérabilité des civils face aux conflits armés qui déchirent la province.

Deuil au sein de la communauté humanitaire

L’insécurité ne se limite pas au Nord-Kivu. Dans la province voisine du Sud-Kivu, plus précisément dans le territoire de Walungu, deux volontaires de la Croix-Rouge de la RDC ont été froidement abattus. Ils supervisaient des infrastructures essentielles pour l’accès à l’eau potable dans le village de Kakumba au moment de l’agression.

Edgard Mateso, à la tête de l’organisation nationale, a dénoncé avec force cet acte qu’il qualifie de violation flagrante du droit international humanitaire. Ce drame met en lumière les périls constants auxquels s’exposent ceux qui dévouent leur vie à l’assistance des populations dans l’est du pays.