Gouvernement sénégalais : le pastef exclut son parti malgré des alliés présents

Gouvernement sénégalais : le président Faye nomme une équipe malgré le boycott du pastef

Le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé lundi la composition d’un nouveau gouvernement au Sénégal, intégrant certains proches et membres du Pastef, parti d’Ousmane Sonko. Pourtant, ce dernier avait clairement annoncé le refus de participation de sa formation politique à cette administration.

Une nomination controversée malgré l’opposition du pastef

Quelques jours après le limogeage d’Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale, le chef de l’État a dévoilé une liste de 30 ministres. Parmi eux, plusieurs alliés du pastef figurent, bien que leur parti ait choisi de ne pas y participer. Cette situation illustre les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle.

Les raisons du boycott selon Ousmane Sonko

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, Ousmane Sonko a justifié cette décision par des désaccords profonds avec le président Faye. « Lors de notre échange, des convergences ont été confirmées, mais des désaccords majeurs subsistent, notamment sur le rôle de la majorité dans l’exécutif », a-t-il déclaré. Après avoir soumis de nouvelles propositions au chef de l’État, aucune réponse favorable n’a été obtenue, poussant le pastef à se retirer définitivement du gouvernement.

« En conséquence, le PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », a conclu le leader politique.

Une équipe gouvernementale marquée par des reconductions et des nouvelles têtes

Malgré l’absence de cadres influents du pastef, des alliés moins médiatisés du parti ont été nommés. Parmi eux, Moussa Bala Fofana obtient le ministère de l’Urbanisme, tandis que Yankhoba Diémé prend en charge les Forces armées. Plusieurs ministres de l’ancien gouvernement sont également reconduits, comme Cheikh Diba aux Finances ou Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation.

Le premier ministre, Amadou Al Aminou Lô, a souligné que la composition du gouvernement résultait de « concertations d’usage avec toutes les parties prenantes ». Il a rappelé l’importance de placer « la patrie et la République au-dessus des considérations partisanes », une déclaration retransmise en direct sur la chaîne publique RTS.

Une rupture politique aux conséquences majeures

Cette nomination marque un tournant après des mois de tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés indéfectibles et vainqueurs de l’élection présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye ». Leur collaboration, autrefois présentée comme indestructible, a volé en éclats après le limogeage de ce dernier fin mai, malgré son élection à la présidence de l’Assemblée nationale.

Les divergences entre les deux hommes remontent à plusieurs mois. En juillet 2025, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait critiqué un « problème d’autorité » au sein du gouvernement. Début mai 2026, le président Faye avait dénoncé une « personnalisation excessive » de son ex-Premier ministre au sein du parti au pouvoir. Ces tensions ont conduit à une séparation politique inévitable, fragilisant la majorité parlementaire et plongeant le pays dans une période d’incertitude politique et économique.