Gabon : un partenariat marocain booste l’industrie locale
Dans le cadre d’un accord historique signé au Palais Rénovation de Libreville, le géant marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF), dirigé par Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont officialisé un investissement de 40 millions d’euros pour moderniser l’usine d’Owendo.
Ce financement ambitieux permettra d’ajouter une troisième ligne de production, répondant ainsi à l’augmentation fulgurante des besoins en matériaux de construction au Gabon. Cette dynamique s’explique par l’essor des grands projets d’infrastructures qui transforment le paysage économique du pays, d’après les données disponibles.
L’engagement de Libreville dans ce projet dépasse le cadre industriel. En effet, l’État gabonais a décidé d’augmenter sa participation dans le capital de la filiale locale à 20 %. Une première prise de participation de 10 % avait déjà été actée en décembre 2025. Cette stratégie vise à renforcer le contrôle national sur les activités stratégiques, alignée sur une politique économique lancée en août 2023. L’objectif ? Transformer les investissements étrangers majeurs en copropriétés nationales, garantissant une meilleure maîtrise des ressources et des emplois locaux.
Pour CIMAF, cet accord s’inscrit dans une refonte majeure de sa stratégie internationale. Le groupe, dirigé par Anas Sefrioui, accélère son retrait du marché européen, où la concurrence et la maturité du secteur rendent les perspectives moins attractives. La cession simultanée de sa dernière cimenterie en France confirme cette orientation. Le cimentier marocain mise désormais sur l’Afrique, continent où la demande en infrastructures urbaines et industrielles (logements, routes, ponts) explose, offrant des opportunités de croissance sans précédent.
Cette collaboration marque également un tournant pour les entreprises marocaines en Afrique centrale. Longtemps concentrées en Afrique de l’Ouest, les grandes sociétés privées du Maroc étendent désormais leur influence vers de nouveaux marchés, notamment au Gabon. Pour ce pays, dont l’économie dépend traditionnellement des revenus pétroliers, ce partenariat public-privé représente une chance unique de diversifier son tissu industriel. Il illustre une synergie entre capitaux privés marocains, stratégie publique gabonaise et intégration régionale, positionnant Libreville comme un acteur clé de la transformation économique en Afrique centrale.