Gabon : le déficit budgétaire explose à 5,3 % du PIB en 2025
En Gabon, le déficit budgétaire a connu une hausse alarmante en 2025, s’établissant à 5,3 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3,8 % l’année précédente. Cette dégradation, révélée par les dernières analyses économiques de la Banque africaine de développement, trouve son origine dans une politique budgétaire volontairement expansionniste et une dette publique devenue ingérable. Résultat : l’endettement global du pays a atteint 78,9 % du PIB, un niveau critique qui a précipité la chute de la note souveraine gabonaise en décembre 2025.
Cette détérioration financière survient alors que l’activité économique montre des signes de ralentissement. Le PIB a en effet progressé de seulement 2,7 % en 2025, contre 3,4 % un an plus tôt, freiné par le déclin des secteurs clés comme l’extraction pétrolière, minière, forestière et le transport. Bien que les secteurs des infrastructures, de l’industrie et des services aient mieux résisté, les dépenses de relance engagées par l’État ont creusé davantage le déficit, augmentant les besoins de financement du pays.
Des finances publiques sous haute tension
Le creusement du déficit s’accompagne d’une aggravation des risques financiers. La Banque des États de l’Afrique centrale, en assouplissant sa politique monétaire, a favorisé une explosion des crédits accordés à l’État, exposant davantage les banques aux risques souverains. Parallèlement, le volume des créances douteuses continue de croître, reflétant les tensions persistantes au cœur du système bancaire national.
Cette situation budgétaire restreint considérablement les capacités d’action du gouvernement face aux défis sociaux. Malgré une légère stabilité de la pauvreté, touchant toujours 33,1 % de la population, le chômage reste un fléau avec un taux de 20,2 %, particulièrement élevé chez les jeunes et les femmes. Pour inverser la tendance, la Banque africaine de développement recommande une réduction drastique des dépenses superflues, une gestion plus rigoureuse de la dette et des réformes structurelles pour booster les recettes fiscales.