Fête de l’Aïd au Mali : une célébration sous haute tension

fête de l’Aïd au Mali : une célébration sous haute tension

La Tabaski, célébrée mercredi soir au Mali, s’est déroulée dans un climat de grande inquiétude. À peine un mois après l’attaque dévastatrice du 25 avril qui a ébranlé les fondements du pouvoir militaire et coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, des menaces sérieuses pesaient sur la capitale Bamako. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans avait en effet annoncé un « assaut final » contre la junte, risquant de plonger le pays dans une nouvelle phase de violence.

Les groupes armés djihadistes ont souvent choisi des jours sacrés comme celui de l’Aïd pour frapper, convaincus que leurs actions leur vaudraient les faveurs divines. Cette année encore, la menace n’a pas été vaine : les préparatifs festifs ont été perturbés par une série de contraintes imposées par ces groupes.

Un bétail inaccessible et des prix exorbitants

Dans les campagnes maliennes, les éleveurs subissent une pression constante. Les groupes armés prélèvent une partie de leur bétail sous prétexte d’impôt révolutionnaire, tandis que d’autres troupeaux sont confisqués pour être revendus. En ville, les commerçants ont reçu l’ordre de boycotter Bamako, une mesure déjà appliquée avec succès dans certaines zones du Burkina Faso et ailleurs au Mali. Bien que les forces de sécurité maintiennent ouverts la majorité des axes routiers, cette interdiction a pesé lourdement sur l’humeur des habitants de la capitale.

À Niamey, où les prix du mouton ont également atteint des sommets, la situation n’est pas plus enviable. Les régions occidentales du Niger, d’où provient traditionnellement une grande partie du bétail, sont régulièrement la cible d’attaques perpétrées par le GSIM et l’État islamique au Sahel. Ces groupes ont récemment ciblé plusieurs positions militaires et civiles, profitant de la concentration des troupes nigériennes dans le nord pour tenter de reprendre la ville de Kidal.

Une fête de l’Aïd sous le signe de l’incertitude

Malgré les difficultés, les familles maliennes ont tenté de préserver la tradition. Cependant, l’absence de moutons pour beaucoup et la crainte d’une escalade des violences ont transformé cette célébration en un moment de tension. Les autorités, conscientes du risque, ont renforcé les mesures de sécurité, mais la peur d’une attaque en cette période de fête plane toujours.

Alors que le Mali cherche à se relever d’une année marquée par des défis sécuritaires majeurs, cette Tabaski restera dans les mémoires comme une fête sous le signe de l’alerte maximale.