Fermeture frontalière Bénin-Niger : les répercussions économiques majeures

fermeture frontalière Bénin-Niger : les répercussions économiques majeures

Depuis la fermeture prolongée de la frontière entre le Bénin et le Niger, décidée à la suite des événements politiques du 26 juillet 2023, les acteurs économiques des deux pays subissent de plein fouet les conséquences de cette mesure.

Les échanges commerciaux, autrefois dynamiques, se retrouvent profondément perturbés. Les entreprises nigériennes, en particulier, peinent à maintenir leurs approvisionnements et leurs activités dans des conditions normales. Les pertes financières s’accumulent, tandis que les délais de livraison s’allongent dangereusement.

Longue file de camions au poste-frontière fermé avec le Niger (Malanville)

Pour tenter de contourner cette crise, certains commerçants et transporteurs se sont tournés vers des itinéraires alternatifs, notamment via le Nigeria. Cependant, cette solution, bien que salvatrice à court terme, s’avère coûteuse et risquée. Les coûts logistiques explosent, et les risques liés aux trajets prolongés se multiplient.

le Nigeria, une solution coûteuse et risquée

Le corridor béninois constituait un axe stratégique pour les importations et exportations du Niger. Avec sa fermeture, c’est tout un réseau d’approvisionnement qui s’est retrouvé paralysé. Les opérateurs économiques nigériens ont dû se réorganiser dans l’urgence, mais les défis persistent.

« Nous avons subi de plein fouet les conséquences de cette fermeture, tant sur le plan émotionnel que financier. Nous avons tenté de contourner la crise en passant par le Nigeria, mais les risques étaient bien réels. Aujourd’hui, nous espérons un retour à la normale », confie Yacouba Dan Maradi, un acteur économique nigérien.

Cette situation a également mis à rude épreuve les transporteurs d’hydrocarbures. Les délais de livraison se sont considérablement allongés, réduisant drastiquement la rentabilité de leurs activités. Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, explique :

« Avant la fermeture, nous réalisions deux à trois voyages par mois. Aujourd’hui, un seul trajet peut prendre deux à trois mois. Les pertes sont colossales, et notre économie est en danger. »

une économie nigérienne sous tension

La hausse des coûts logistiques et le ralentissement des échanges commerciaux pèsent lourdement sur l’économie nigérienne. Les commerçants et transporteurs, déjà fragilisés, attendent avec impatience une réouverture durable de la frontière. Seule une reprise des échanges permettra de relancer l’activité économique et de retrouver un rythme normal de circulation des marchandises.

En attendant, les acteurs économiques nigériens restent mobilisés pour surmonter cette crise et préserver leurs activités dans un contexte particulièrement difficile.