Escorte militaire des moutons pour la tabaski à Bamako

L’armée malienne sécurise l’arrivée des moutons à Bamako avant la Tabaski

À l’approche de la fête de la Tabaski, la capitale malienne, Bamako, bénéficie d’un approvisionnement accru en moutons. Les animaux, autrefois difficiles à acheminer en raison des menaces terroristes, inondent désormais les marchés et les espaces publics. Cette situation contraste fortement avec les mois précédents, marqués par des blocages répétés des routes par les groupes armés.

moutons sur un marché de Bamako au Mali

Un blocus terroriste qui fragilise l’approvisionnement

Depuis plusieurs semaines, la route nationale 6 reliant Ségou à Bamako est devenue un axe extrêmement dangereux. Les groupes djihadistes, affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), multiplient les attaques contre les véhicules transportant des marchandises, y compris des moutons destinés à la fête de la Tabaski. Ces assaillants appliquent une stratégie de blocage systématique de la capitale, provoquant des pénuries et une hausse des prix.

Les camions non escortés par les forces armées sont régulièrement incendiés. Cette situation a poussé les autorités à renforcer les mesures de sécurité pour permettre aux animaux de rejoindre les marchés de Bamako.

L’armée malienne en première ligne contre les djihadistes

Pour contrer cette menace, l’armée malienne intensifie ses opérations. Des patrouilles quotidiennes, des escortes militaires et des frappes aériennes sont déployées pour sécuriser les axes routiers et briser le blocus imposé par les terroristes. Malgré ces efforts, les attaques se poursuivent, comme en témoigne un éleveur de Ségou arrivé à Bamako après une longue épreuve.

« À proximité de Zambougou, des projectiles ont été lancés sur notre camion transportant des moutons. Le conducteur, terrifié, a dû s’arrêter pour protéger les passagers et les animaux. Peu après, les djihadistes ont incendié le véhicule avec son contenu. Nous avons alors marché jusqu’à Konobougou, avant de rejoindre Bamako grâce à une escorte militaire entre Konobougou et Zantiguila. »

moutons égorgés et écorchés suspendus avant d'être grillés

La flambée des prix des moutons

Les attaques répétées ont eu un impact direct sur les coûts. Le prix du transport des moutons a plus que doublé, passant de 2 000 à 5 000 ou 6 000 francs CFA. Cette hausse s’est répercutée sur le prix de vente des animaux, rendant la Tabaski plus coûteuse pour les familles maliennes.

Un chef de famille rencontré dans le quartier Sans Fil à Bamako explique :

« L’an dernier, un mouton coûtait 125 000 francs CFA. Cette année, il faut compter entre 175 000 et 250 000 francs CFA selon les quartiers. Le blocus sur les routes a clairement amplifié la hausse des prix. Nous espérons une stabilisation rapide du pays. »

Des ventes promotionnelles pour soutenir les familles

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de lancer des ventes promotionnelles de moutons à Bamako dès le vendredi 22 mai. Plusieurs sites ont été sélectionnés pour accueillir ces opérations, dont les terrains municipaux de Sogoniko, de l’hippodrome, de Torokorobougou, le terrain Sahaba de Lafiabougou et l’ancien terrain de l’AS Real au Badialan I. L’objectif est de rendre les moutons plus accessibles aux ménages malien pendant cette fête religieuse.