Djihad au Mali : comprendre le rôle du Jnim

Le Jnim, ce groupe djihadiste qui menace Bamako

Aux portes de la capitale malienne, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim) incarne aujourd’hui la menace terroriste la plus redoutable du Sahel. Affilié à Al-Qaïda, ce mouvement radical cherche à imposer un régime islamique au Mali, profitant du vide sécuritaire laissé par le retrait des forces étrangères. Voici ce qu’il faut savoir sur cette organisation djihadiste en pleine expansion.

Alliance entre Touaregs et djihadistes au Mali
L’union entre factions touarègues et groupes djihadistes pourrait bouleverser l’équilibre géopolitique du Mali.

Origines et création du Jnim au Mali

Fondé officiellement le 2 mars 2017, le Jnim résulte de la fusion de quatre mouvements djihadistes déjà implantés dans la région. Ce regroupement sous la bannière d’Al-Qaïda a permis à l’organisation de devenir la force terroriste dominante au Sahel. Son leader, Iyad Ag Ghali, ancien diplomate et rebelle touareg, en est l’émir charismatique.

Le retrait des troupes françaises de l’opération Barkhane en 2022 a offert au Jnim un espace stratégique pour renforcer son emprise territoriale. Aujourd’hui, avec près de 5 000 combattants, le groupe multiplie les offensives contre les forces maliennes et les mercenaires russes, s’approchant dangereusement de Bamako.

Une idéologie radicale au service d’un projet territorial

Le Jnim s’inspire d’un islam rigoriste et milite pour l’instauration d’un émirat islamique dans le Sahel. Ses méthodes brutales, incluant blocus économiques et attaques coordonnées, visent à déstabiliser les autorités et à étendre son contrôle.

En septembre 2025, le groupe a imposé un blocus autour de plusieurs villes, prélude à une offensive d’envergure. Fin avril 2026, une alliance avec des rebelles touaregs a permis au Jnim de lancer des assauts ciblés contre la junte militaire, fragilisant davantage la sécurité nationale.

Les alliances qui renforcent le Jnim

  • Coopération avec les Touaregs : Les djihadistes ont scellé des pactes avec des factions indépendantistes pour déstabiliser le pouvoir central.
  • Affiliation à Al-Qaïda : Cette alliance internationale lui fournit un soutien logistique et idéologique.
  • Exploitation du chaos politique : Le retrait des forces étrangères et les divisions internes au Mali ont favorisé son expansion.

Menace directe sur Bamako : quelles conséquences ?

La chute de la capitale aux mains du Jnim aurait des répercussions majeures :

  • Instabilité régionale : Le Sahel pourrait basculer dans une crise durable.
  • Changement de pouvoir : Un émirat islamique s’installerait au cœur du Mali, redéfinissant les équilibres politiques.
  • Risques humanitaires : Les populations subiraient des violences accrues et des restrictions liberticides.