Défaite de Boko Haram : une offensive régionale force le groupe à fuir le lac Tchad
Boko Haram en difficulté face à une coalition militaire africaine
Une campagne militaire conjointe entre le Tchad, le Nigeria et le Niger a poussé les combattants de Boko Haram à abandonner leurs bastions insulaires sur le lac Tchad. Les frappes aériennes intensives et les assauts terrestres ont précipité la retraite des jihadistes, selon des témoignages recueillis auprès de pêcheurs et de sources sécuritaires.
Des bombardements ciblés et leurs conséquences humaines
Depuis plusieurs jours, l’aviation tchadienne mène des raids aériens contre les positions de Boko Haram sur des îles isolées du lac Tchad, une zone marécageuse partagée entre quatre pays : le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Ces opérations ont également causé la mort de dizaines de pêcheurs nigérians travaillant dans des zones sous contrôle jihadiste, où ces derniers imposaient une taxe abusive.
Des images choc montrent des victimes gravement brûlées, prises en charge dans des établissements médicaux comme l’hôpital de Bosso, au Niger. « Les jihadistes fuient les îles de la région de Shuwa, située à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad », a confirmé Suleiman Hassan, un pêcheur arrivé à Maiduguri après avoir échappé à la zone.
Les bastions de Boko Haram sous pression
Les opérations ont particulièrement visé des îles stratégiques comme Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota. Les combattants de Boko Haram, accompagnés de leurs familles, tentent de rejoindre les rives du lac en pirogues, coincés entre les forces armées et leur rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), avec qui ils sont en conflit depuis 2016.
Sur le terrain, les soldats tchadiens ont engagé des combats directs sur l’île de Kaukeri, principale place forte du groupe sur le lac. Ces actions s’inscrivent en représailles à des attaques meurtrières menées par Boko Haram contre l’armée tchadienne, dont une embuscade ayant coûté la vie à deux généraux et causé la mort d’au moins 24 militaires dans une base riveraine.
Une coalition régionale renforcée contre l’insurrection
Les frappes sont coordonnées par les trois pays, chacun mobilisant deux avions de combat. « Ces opérations aériennes sont menées en étroite collaboration avec le Nigeria et le Niger », a révélé une source du renseignement nigérian sous couvert d’anonymat. Les jihadistes, désormais encerclés, hésitent à avancer vers des zones contrôlées par l’Iswap, craignant des représailles.
Cette offensive s’ajoute à la réactivation de la force multinationale mixte, créée en 1994 pour lutter contre les groupes armés dans la région. Depuis 2009, l’insurrection de Boko Haram a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes, principalement dans le nord-est du Nigeria, mais aussi au Niger, au Tchad et au Cameroun.
La pression militaire combinée marque un tournant dans la lutte contre l’extrémisme dans la région du Sahel et du lac Tchad.