Crise des droits humains en RDC : l ONU face à ses limites financières
Crise des droits humains en RDC : l’ONU confrontée à des restrictions budgétaires majeures
La Commission d’enquête indépendante sur les violations des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, a tiré la sonnette d’alarme lors de sa première intervention publique au Conseil des droits de l’homme à Genève. Une mission qui s’est tenue dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires sans précédent affectant directement ses capacités opérationnelles sur le terrain congolais.
Lors de cette session dédiée au Dialogue interactif renforcé, la Commission a dressé un bilan de ses premiers mois d’activités après sa création en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme. Bien que des consultations aient pu être menées à Kinshasa auprès de divers acteurs (gouvernement, société civile, victimes, diplomates), l’accès aux zones de conflit reste fortement compromis.
Un mandat ambitieux face à des obstacles logistiques et sécuritaires
La Commission, dirigée par Arnauld Akodjenou, a été chargée d’enquêter sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, notamment les violences sexuelles, les crimes contre les personnes déplacées et les crimes internationaux potentiels liés à l’escalade des hostilités depuis janvier 2025.
Cependant, l’instabilité sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, en particulier à Goma, a empêché la réalisation de missions de terrain cruciales. À ces difficultés s’ajoutent les restrictions financières imposées aux Nations Unies, qui limitent drastiquement les moyens disponibles pour déployer des enquêteurs, assurer l’interprétation des témoignages ou financer des missions prolongées.
L’impact des coupes budgétaires sur l’enquête
« Les restrictions budgétaires actuelles des Nations Unies ont un impact direct sur notre capacité à remplir notre mandat. Nous faisons face à des réductions dans nos équipes d’enquêteurs, dans nos moyens logistiques, et dans notre capacité à garantir une présence suffisante sur le terrain. Malgré ces obstacles, notre engagement reste entier : les souffrances que nous documentons exigent une réponse urgente et rigoureuse. »
Le Président de la Commission a également rappelé l’importance de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave pour toutes les parties prenantes, en particulier pour les populations vulnérables (femmes, enfants, personnes handicapées, personnes âgées). Il a insisté sur la nécessité de protéger les témoins, journalistes et défenseurs des droits humains contre toute forme de représailles.
Des résultats attendus malgré les défis
La Commission a déjà commencé à documenter les faits et à identifier les responsables présumés, conformément à la résolution S-37/1 adoptée par le Conseil des droits de l’homme. Parmi ses priorités : la préservation des preuves, la protection des victimes et témoins, et l’examen des causes profondes des cycles de violence récurrents dans la région.
Alors que l’AFC/M23 reste le principal auteur des violations documentées selon les rapports récents, la Commission appelle à une mobilisation internationale renforcée pour soutenir ses investigations et faciliter l’accès aux zones touchées.