Côte d’Ivoire : la récolte d’anacardes en forte baisse dans le bounkani
Cette année, la campagne d’anacardes en Côte d’Ivoire s’annonce plus difficile que prévu. Bien que le Conseil Coton Anacarde table sur une production totale de plus de 1,3 million de tonnes, celle-ci pourrait diminuer de 200 000 tonnes par rapport à 2025. Certains secteurs, comme le Bounkani, dans le nord-est du pays, subissent des conditions particulièrement défavorables.
Sur le terrain, les témoignages des producteurs sont alarmants. Kouamé Ouattara, cultivateur à Bouna, voit ses revenus s’effondrer. « Il y a trois ans, je récoltais jusqu’à 500 kg par hectare. Cette année, je peine à remplir deux sacs sur trois hectares », confie-t-il. Selon lui, la raison principale réside dans les perturbations du cycle des pluies. « D’habitude, les grandes pluies de novembre à décembre favorisent la floraison des anacardiers. Mais cette année, les pluies ont cessé dès octobre. Résultat : pas de floraison, pas de récolte. »
Les apiculteurs ne sont pas épargnés. Koffi Ouattara, président de l’association des apiculteurs de Koflangué, constate une chute drastique de sa production. « L’an dernier, nous avions 100 litres de miel. Cette année, seulement 30 litres. C’est une catastrophe pour nos exploitations », explique-t-il.
des pratiques culturales à revoir
Outre les aléas climatiques, les mauvaises pratiques culturales aggravent la situation. Le Dr Sibirina Soro, enseignant-chercheur à l’université de Daloa et coordonnateur du projet national de recherche sur l’anacardier, pointe du doigt la densité excessive des vergers. « Beaucoup de plantations ressemblent à des forêts. La densité recommandée est de 100 pieds par hectare, mais peu de cultivateurs respectent cette norme », précise-t-il. Il organise des formations pour aider les producteurs à optimiser leurs pratiques et limiter les pertes liées aux ravageurs, notamment en évitant l’usage de produits chimiques.