Conflit politique en rdc : l’opposition défie le pouvoir malgré la ville morte
À Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, la tension reste palpable après l’appel à une journée ville morte lancé par l’opposition. Malgré cette mobilisation, le gouvernement maintient fermement son projet de réforme constitutionnelle, plongeant le pays dans un nouveau conflit politique.
La Coalition Article 64 (C64), regroupant les principaux partis d’opposition, avait appelé à une paralysie totale des activités pour exiger l’abandon de cette réforme. Si l’opposition clame une mobilisation massive, l’exécutif, lui, minimise l’impact de cette journée et réaffirme sa détermination à poursuivre le processus.
Kinshasa à l’arrêt : entre peur et répression
Dans plusieurs quartiers de la ville, les habitants ont préféré rester chez eux par crainte de violences ou en raison de la présence accrue des forces de sécurité. Les rues, habituellement animées, sont devenues étrangement calmes. « Les écoles sont fermées, les élèves ne passent plus. Personne ne veut de cette réforme constitutionnelle. Si nous ne résistions pas, nous serions forcés d’aller travailler, mais le peuple refuse », confie un résident de Kinshasa.
Un autre témoin décrit une atmosphère oppressante : « Ici, c’est l’enfer. Les militaires et policiers bloquent les rues. Impossible de circuler, les boutiques sont closes. La situation est intenable ». Les restrictions de mouvement et la crainte des affrontements ont effectivement paralysé une grande partie de la ville.
L’opposition se dit victorieuse d’une mobilisation historique
À l’issue de cette journée de protestation, les leaders de la Coalition Article 64 dressent un bilan qu’ils jugent positif. Selon eux, la population a massivement répondu à leur appel, marquant ainsi un désaveu cinglant envers le président Félix Tshisekedi.
Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, affirme sans équivoque : « À Kinshasa, 99,9 % de la population a obéi à l’appel de l’opposition. En restant chez eux, les citoyens ont clairement exprimé leur rejet des intentions du chef de l’État, qui cherche à modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il est temps pour lui de comprendre ce message ».
Le pouvoir refuse de reculer
Face à ces revendications, le camp présidentiel affiche une résistance inébranlable. Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS, rejette catégoriquement l’idée d’un rejet populaire. « Malgré les appels à la violence lancés par certains leaders de l’opposition, le peuple n’a pas suivi leurs consignes. Kinshasa est toujours en activité », déclare-t-il.
Il ajoute que le projet de réforme constitutionnelle, destiné à moderniser les institutions, sera maintenu. « Ce projet répond à une nécessité nationale. Nous ne reculerons pas », assure-t-il.
Un référendum au cœur des tensions
Le gouvernement a annoncé que la réforme serait soumise à un référendum, une décision qui s’inscrit dans la continuité de l’adoption, le 27 mai dernier, d’une loi référendaire par l’Assemblée nationale.
L’opposition, quant à elle, dénonce cette initiative, la jugeant illégale au regard de la Constitution actuelle. Ce désaccord profond entre les deux camps laisse présager de nouvelles confrontations dans les semaines à venir.
Alors que chaque partie campe sur ses positions, la crise politique en RDC s’aggrave. Le bras de fer entre l’opposition et le pouvoir semble loin d’être terminé.