Can 2025 : le Sénégal conteste la décision de la caf devant le tas

CAN 2025 : pourquoi le Sénégal conteste-t-il la décision de la CAF devant le TAS ?

La Confédération africaine de football (CAF) a retiré le titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal, pour le confier au Maroc après un appel déposé par la Fédération royale marocaine de football. Cette décision, qui survient après une finale controversée, soulève des questions sur la légitimité des sanctions disciplinaires et les recours possibles devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Équipe du Sénégal et du Maroc en finale de la CAN 2025

Les raisons de la décision de la CAF contre le Sénégal

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, opposant le Sénégal au Maroc, a été marquée par une série d’incidents. Le Sénégal a d’abord vu un but refusé en fin de match pour une prétendue irrégularité, avant qu’un penalty controversé ne soit accordé au Maroc à la 98ème minute. Face à ces décisions arbitrales, l’équipe sénégalaise a quitté le terrain en signe de protestation, entraînant une interruption de 15 minutes. Le match a finalement été remporté par le Sénégal en prolongations.

Cependant, selon les Règlements de la CAN 2025, une équipe quittant le terrain sans l’autorisation de l’arbitre est considérée comme perdante par forfait (score de 3-0). C’est sur cette base que la Fédération royale marocaine de football a saisi le Jury disciplinaire de la CAF, qui a initialement rejeté la réclamation. Un recours a ensuite été déposé devant le Jury d’appel, aboutissant à la décision de déclarer le Sénégal forfait et d’attribuer le titre au Maroc.

Les fondements du recours du Sénégal devant le TAS

Le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision de la CAF. Ce recours s’appuie sur les Statuts de la CAF et le Code de l’arbitrage sportif, qui prévoient que le TAS doit appliquer en priorité les règles de la CAF et, subsidiairement, le droit suisse. L’enjeu principal réside dans l’interprétation des articles 82 et 84 des Règlements de la CAN, qui définissent les conséquences d’un abandon de match.

Le TAS pourrait également se référer aux Lois du Jeu de la FIFA ou au Code disciplinaire de la FIFA, notamment pour évaluer si l’attitude de l’équipe sénégalaise peut être qualifiée de « refus de jouer ». Le Sénégal pourrait aussi invoquer le principe selon lequel les décisions arbitrales sont définitives, remettant en cause la sanction imposée par la CAF.

Quelles suites attendre du recours sénégalais ?

Le recours du Sénégal devant le TAS ne suspend pas l’exécution de la décision de la CAF, qui reste en vigueur jusqu’à un verdict définitif. Le contentieux en est encore à ses débuts, avec des questions de recevabilité à trancher, comme le délai de dépôt du mémoire d’appel. Sur le fond, le Sénégal pourrait contester deux points :

  • L’interprétation des articles 82 et 84 par le Jury d’appel, arguant qu’une interruption temporaire ne constitue pas un abandon définitif ;
  • L’ingérence des instances disciplinaires de la CAF dans les prérogatives de l’arbitre, seul compétent pour gérer les incidents en temps réel.

Le TAS, qui dispose d’une expertise reconnue dans les litiges sportifs, pourrait soit annuler la décision de la CAF, soit la confirmer. La décision sera définitive et aura un impact majeur sur le sport africain.