Cameroun : des comptes énergétiques pour des politiques plus durables et efficaces
Douala – Le Cameroun franchit une étape décisive dans la modernisation de sa gestion énergétique avec le lancement d’un atelier technique dédié au développement des comptes énergétiques. Organisé à Douala, cet événement rassemble les acteurs clés du secteur pour poser les bases d’une comptabilité énergétique alignée sur les normes internationales.
Une initiative stratégique pour éclairer les politiques publiques
Sous l’égide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec l’Institut national de la statistique du Cameroun et la Banque mondiale, cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet HISWACA. L’objectif ? Identifier les besoins techniques et méthodologiques pour établir des comptes énergétiques conformes au Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE), un référentiel adopté par les Nations Unies pour analyser les liens entre économie, énergie et environnement.
Les participants, représentant des institutions gouvernementales, des agences spécialisées et des partenaires financiers, analysent les données disponibles et les exigences nécessaires à la mise en place de ces comptes. Ce cadre statistique permettra de mieux comprendre les dynamiques énergétiques du pays, essentielles pour des décisions éclairées.
Un outil clé pour répondre aux enjeux énergétiques nationaux
Les comptes énergétiques constituent un levier puissant pour le Cameroun. Ils permettent de répondre à des questions stratégiques :
- Quelle est la production énergétique actuelle et comment évolue-t-elle ?
- Quels secteurs consomment le plus d’énergie et comment optimiser leur efficacité ?
- Comment mesurer l’impact des politiques énergétiques sur la croissance économique et les émissions de CO₂ ?
- Quels investissements prioriser pour accélérer la transition énergétique ?
Ces données intégrées offrent une vision globale des interactions entre énergie, économie et environnement, facilitant ainsi la planification de politiques publiques fondées sur des preuves tangibles.
Alignement avec les ambitions nationales et internationales
L’élaboration de ces comptes s’inscrit pleinement dans les priorités du Cameroun, notamment la Vision 2035 et la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Ces documents mettent en avant la transformation structurelle, l’industrialisation durable et la transition énergétique comme piliers du développement national.
Par ailleurs, ces comptes énergétiques joueront un rôle clé dans le suivi des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier ceux liés à l’accès à une énergie propre, à la lutte contre le changement climatique et à une gestion durable des ressources naturelles.
Un cadre méthodologique renforcé pour des décisions durables
Au-delà de leur aspect technique, ces comptes fourniront au Cameroun un outil robuste pour évaluer l’efficacité des politiques énergétiques, harmoniser la planification économique avec la gestion des ressources naturelles, et intégrer davantage les enjeux environnementaux dans les choix publics.
L’atelier de Douala marque une phase cruciale : il permet d’identifier les besoins des utilisateurs, de combler les lacunes en matière de données, et d’établir une feuille de route claire pour la compilation future des comptes énergétiques.
Un engagement du Plan national de développement environnemental
Cette initiative s’appuie sur le Plan national de développement de la comptabilité environnementale et économique (PNDEAE), adopté en 2023 par le gouvernement camerounais. Ce plan positionne la comptabilité énergétique comme un axe prioritaire, renforçant ainsi la capacité du pays à intégrer les considérations environnementales dans sa stratégie de développement.
Le soutien de la CEA inclut des orientations méthodologiques conformes aux standards internationaux, une expertise spécialisée (notamment via l’Office for National Statistics du Royaume-Uni), et un accompagnement technique continu tout au long du processus.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les capacités statistiques nationales et de promouvoir une gestion énergétique durable, essentielle pour le Cameroun dans un contexte de croissance démographique et de défis climatiques.