Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme du président camerounais à l’étranger
Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme du président camerounais à l’étranger
L’analyste des questions de gouvernance au Cameroun, Benjamin Ngongang, a récemment pris la parole pour dénoncer l’absentéisme persistant du président Paul Biya. Lors de son intervention dans l’émission Canal Presse diffusée sur Canal 2 International, il a pointé du doigt les longs séjours du chef de l’État à l’étranger, loin des réalités quotidiennes de la population camerounaise.
Ngongang, invité de l’émission, a souligné que le président n’a pas été élu pour « gouverner à distance », mais pour représenter et gérer activement son pays. Il a rappelé que le président Biya a dépassé, 49 jours de séjour à l’étranger depuis son départ le 7 juin, un record qu’il continue de battre. Selon lui, aucun dirigeant dans le monde ne pourrait se permettre une telle absence prolongée sans susciter de vives critiques.
Un président absentéiste : un cas unique au monde ?
Benjamin Ngongang a insisté sur l’anormalité de la situation, affirmant que « aucun pays au monde ne tolérerait qu’un président reste plus de 30 jours hors de son territoire, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles ». Il a comparé cette situation à celle d’autres dirigeants, comme le président des États-Unis ou celui de l’Assemblée de l’Iran, qui, malgré des enjeux majeurs, ne s’absentent pas aussi longtemps de leur pays, même en temps de crise.
Pour Ngongang, cette absence prolongée pose un problème démocratique et symbolique. Il a rappelé que les députés de la majorité, tout comme l’opposition, devraient s’inquiéter de cette situation, car elle remet en cause la légitimité du pouvoir en place. « Le Cameroun innove, mais pas dans le bon sens », a-t-il conclu, soulignant l’urgence pour les institutions de réagir.
Un débat qui dépasse le cadre politique
Cette prise de position de Benjamin Ngongang relance le débat sur la gouvernance au Cameroun. Elle met en lumière les attentes des citoyens en matière de présence et d’engagement des dirigeants, ainsi que les limites d’un système politique où l’absence physique du président semble devenir la norme.
Le Camerounais, souvent confronté à des défis socio-économiques majeurs, attend de ses dirigeants une proximité et une implication constante. Les propos de Ngongang rappellent que la légitimité d’un président ne se mesure pas seulement à travers des discours ou des décisions prises à distance, mais aussi par sa capacité à incarner l’État sur le terrain.